De Anima-, x-xx
1. Ibid., XII. « Si discretio admittitur, ut substantia duœ res sint uuimus atqne anima. »
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(juitte jamais le corps sans l'esprit : c'est dire assez que l'àme et l'esprit ne font qu'un ; car il y a unité de substance là oîi toute séparation est impossible'. De plus, vous introduisez un rouage inutile dans le mécanisme humain : toute l'activité que vous attribuez à cette troisième substance, nous pouvons à égal droit la revendiquer pour la seconde. Atiirmer les deux, c'est condamner l'une ou l'autre à l'inaction*. Non, l'esprit n'est pas (une substance différente de l'àme : « Ce que les Latins appellent mens, et les Grecs v5Dr, est une faculté qui nait avec l'àme, réside en elle etj lui appartient par droit de naissance, faculté au moyen de laquelle l'àme agit et raisonne, qu'elle possède en propre pour se mouvoir d'elle-même en elle-même^. » Bref, la substance qui anime et viviiie le corps est également le centre de l'activité intellectuelle; car c'est à l'àme qu'il faut attribuer tout ensemble la faculté de penser et la torce vitale, vis sapientialis etvitalis^. Voilà, Messieurs, des observations ((ui dénotent sans contredit un coup d'œil pénétrant ; et je lie m'étonne pas qu'un critique fort distingué ait pu appeler Tertullien l'esprit le plus philosophique qui eût paru jusqu'alors dans la littérature latine^. Bien qu'il ne s'accorde guère
1. De Anima, \. « Si enim duo siiut auimaet spiritiis, dividi possunt, lit divisioue eorum, alterius discedeutis, alterius immanentis, mortis et vitxP coucursus eveuiat. Sed uullo modo eveniet : ergo duo nou eruut, qua; dividi non possuut; quae dividi possent, si esseat. » — Valentiu et les guostiques étaient très conséquents dans leur division de l'houmie en trois parties : ils admettaient que, cliez les psychiques, l'âme, ^uyjfj, existe sans l'espiùt, j:vi'j|j.a.
2. De Anima, xu. « Aut animus vacabit aut anima. >> '■i. Ibid., XII.
i. Ibid., XV.
•i. Ritter, Geschichte der Christlichen Philosophie, erster Theil, p. 417, Hambourg, 1841.
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avec les idées reçues à cet égard, le jugement de Rittar ne paraîtra pas exagéré à quiconque étudie avec soin le traité de VAme.
Certes, on ne saurait le nier, il y a dans cette dissertation sur la vie des points wDutestables, comme, par exemple, lorsque Tertullien prend le cœur pour l'organe correspondant à ce qu'il appelle le degré supérieur del'àme, sa force sapientielleet vitale \ Mais, en excluant du composé humain toute substance différente de l'àme et du corps, et en rapportant la vie, du moins dans sa cause première, au même principe qui possède en propre l'intelligence^, le philosophe africain me semble plus rapproché de la vérité que les vitalistes modernes, qui, à la suite de Barthez, font du principe vital une entité particulière douée d'une activité spéciale, ou bien qui, à l'exemple d'autres savants, appellent force vitale l'élément actif de la matière organisée. Car je ne veux point parler des systèmes de Sylvius et de Bichat, dont l'un voit dans la vie une suite non interrompue de réactions chimiques, et l'autre un ensemble de propriétés inhérentes aux tissus des organes. Les phénomènes de la vie sont si différents de ceux des corps bruts ; il y a une telle dissemblance, pour iw pas dire plus, entre les actions physico-chimiques des minéraux et les fonctions de l'organisme, qu'il est impossible de conclure sérieusement à l'identité des forces qui engendrent les unes et les autres. Encore moins est-il vrai de dire, avec l'école de Bichat, que la vie est un ensemble de propriétés