‹ TertullienChapitre 163 sur 237 · De Anima, xv · texte numérisé non relu

De Anima, xv

2. Ibid., X. « Vivere venit ab anima. — Ergo totum iioc. et spirare ef. virere, ejus est, cujus et vivere, id est ammae. » — Adv. Marcionem, v. 10. « Cum anima uascendo et per aniiiiain vivendo, animale dici cœpit corpus. »

inhérentes aux tissus des organes. La vie n'est pas le résultat d'une collection de propriétés particulières à chaque tissu organique : elle est une cl ne saurait se diviser, bien que ses manifestations soient multiples comme les organes qu'elle met en jeu ; par conséquent, l'élément causal ou le principe de la vie est simple et un comme elle-même : c'est ce que Barthez et les autres vitalistes me paraissent avoir démontré sans réplique ^ Mais eux, à leur tour, ne s'éloignent-ils pas de la vérité, quand ils placent la force vitale en dehors de l'âme, pour en faire un être particulier ou pour l'identilier d'une certaine façon avec l'agrégat matériel? A quoi bon imaginer ce nouveau ressort, quand les deux substances qui composent l'homme sufiisent pour rendre compte des phénomènes de la vie ? Ils reconnaissent eux-mêmes que la force vitale est une, simple, immatérielle. Dès lors, pourquoi ne pas la rapporter à l'âme comme une puissance, une énergie qui lui est propre, un mode d'activité spéciale ? On ne prou- A^era certainement pas qu'il y aurait contradiction pour l'àme à être douée en même temps de facultés intellectuelles et d'une puissance vivifiante ; car, du moment qu'on admet la simplicité pour la force vitale, rien n'empêche d'attribuer la force vitale à une substance également simple. A coup sur, le sentiment de Tcrtnllienj soutenu et développé par saint Thomas d'Aquin, est à la fois ce (fu'il y a de moins compliqué et déplus rationnel ".

.ïe n'ignore pas^ Messieurs, <(ue beaucoup de physiologistes

1. DpUoux lie Sali^uac, Principes de la ductrine et di' la mrthudc en médfcine, 1 vol. in-8. — Éui. ChauU'ard, Principes de la patholuf/ie <jênêraie, 1 vol. iu-8, Paris, ISGl.

2. S. Thomas, pars prima, qn. lxwi, ai-t. I : « Utriiiu iutfllectivum principiiim uuiatiir cnrpOii iit forma; » art. l: « Utrnm iu liomiiif sil alia

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sont très prévenus contre ce qu'ils appellent l'animisme, parce qu'ils se trouveraient entraînés sur un terrain où ils refusent de mettre le pied; et il faut bien avouer (jue Stahl et ses partisans ont compromis tant soit peu cetti- doctrine au commencement du siècle dernier, en exagérant l'intervention du principe pensant dans les actions organiques: mais le nom ne fait rien à la chose, et pour rester une science distincte, la physiologie n'a pas besoin de faire divorce avec la psychologie ni avec l'ontologie. L'animisme, entendu dans le sens des théologiens, n'offre aucun des inconvénients du vitalisme, et participe à tous ses avantages : il ne brise pas l'union intime qui constitue l'être humain : il n'y introduit aucune entité nouvelle; il n'éloigne pas la substajice pensante de l'organisme, mais laisse subsister entre ces deux éléments essentiels à l'homme, une connexion immédiate et directe, une action mutuelle et réciproque qui résulte de ce que la substance immatérielle pénètre l'agrégat matériel jusque dans ses plus infimes molécules ; et d'autre part, en attribuant à l'àmeune énergie vivifiante, il rend compte de l'activité organique aussi bien que ses adversaires prétendent le faire à l'aide d'une force vitale différente de l'àme. Oui, c'est l'âme elle-même qui informe \à matière dont se compose le corps humain, en la limitant et en la déterminant ; c'est elle qui l'élève au rang de corps organisé. Si l'àme ne s'était unie à la matière pour lui donner une forme déterminée, cette matière serait restée confondue avec les corps bruts.

forma pféetet* anitnam intell ectivam, etc. » — " .Mdnifestum est quol^ primum quo corpus vivit est anima... Anima est primiim quo nutrimur, et senlimus, et niovemur secimdum locum, et slmiliter quo primo intelligimus... Per animaui et est corpus, et est orgauicnm, et est poteutin vitam habeûs. »

soumise comme eux aux seules lois qui régissent l'ordre minéral ou inorganique. Par son union avecTàme, la matière reçoit une activité spéciale, et entre en possession de la vie. Preuve évidente que l'àme est pour elle la source de cette activité spéciale, le principe de son organisation, la cause de sa vie. A l'instant même où l'homme, comme tout être vivant, commence son existence à l'état de cellule simple, pour parler le langage de la science moderne, l'àme s'unit à cet élément primordial, et lui communique la forme ou le caractère propre à l'espèce humaine, que dis-je? la forme ou le caractère particulier à l'individu. Car ce n'est pas seulement un homme qui commence de vivre, mais tel ou tel homme, Pierre ou Paul, Socrate ou Platon. Déjà l'àme, principe delà vie, lui a donné une forme spéciale, qu'il ne perdra plus jusqu'à sa mort, qui le distinguera de tous les autres individus de son espèce, qui survivra au progrès de l'âge, aux altérations accidentelles du corps, à ce tourbillon incessant oïl flotte toute matière organisée, de telle sorte que pas une molécule n'y reste en permanence. On peut défier les physiologistes d'expliquer cette invariabilité de la forme au milieu du continuel renouvellement de la matière, s'ils n'admettent pas que c'est l'àme qui communique et conserve à l'organisme, avec l'activité et le mouvement, le caractère de l'individualité. Car une force vitale inhérente à la matière, ou du moins différente de l'âme, serait une force générale, la même pour tout organisme, et, par conséquent, donnerait bien la forme générale de l'espèce, mais non pas la forme particulière à chaque individu. C'est pourquoi saint Thomas d'Aquin a dit ce mot profond, que le concile général de Vienne a répété après lui : « L'àme est la forme substantielle du corps. » C'est l'àme. en effet, qui anime et vivifie le corps

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