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2. De Anima, lviii. « Modicum quodque delictum luora resurrectionis illic lueuduin interpretamur. » — Ajoutons aux paroles de Tertullien le ténioigu;i;,'e qu'il rend, dans le même traité, à l'antiquité de la prière pour les morts. Au paragraphe 51, il parle d'une défunte qui se croisa les mains, au moment où le prêtre prononçait les prières, et qui ne les laissa retomber qu'après que la paix eût été donnée, condita pace, c'est-à-dire ver? la fin du sacrifice de la messe.
LA SCrKNCE DE L'HOMMK. .'^61
■ Vous ii'i{?norez pas, Messieurs, quelle grande place Tévoeation des morts occupait parmi les superstitions païennes. D(^jà,dans l'Apologétique,Tertul\ien avait mentionné les prestiges à l'aide desquels les démons abusaient de la crédulité publique, contrefaisant les morts pour tromper les vivants; il revient là-dessus à la tin du traité de VAme. Ces passages sont fort curieux, parce qu'ils nous montrent combien vieilles sont les pratiques que le spiritisme a fait revivre de nos jours^ « Si les magiciens font paraître des fantômes, s'ils déshonorent les âmes des morts qu'ils prétendent évoquer, s'ils t'ont rendre des oracles à des enfants ; si, habiles charlatans, ils imitent les miracles, s'ils savent même envoyer des songes par le pouvoir des anges et des démons qu'ils invoquent, si enfin, par leurs moyens, des chèvres, des tables devinent l'avenir, à plus forte raison ces puissances séductrices feront elles par elles-mêmes et pour elles ce qu'elles opèrent pour des intérêts étrangers... Comment appellerons-nous la magie? Gomme l'appellent presque tous, une imposture. Mais les chrétiens sont les seuls qui pénètrent la raison de cette imposture; car nous connaissons les esprits mauvais, non par une secrète complicité avec eux, mais par une science qui les hait : au lieu de les attirer par des opérations qui les invitent à se manifester, nous les traitons avec une fierté qui les subjugue. Détestable science que la magie, fléau multiple de l'intelligence humaine, artisan de toutes les erreurs, ruine de l'âme et du salut, seconde idolâtrie dans laquelle les démons contrefont les morts, de même que dans la première ils singent la divinité... Ce sont eux, en effet, qui agissent sous le voile de ces âmes. Cette imposture de l'esprit mauvais, qui se cache
i. ^/3o/ogf.. xxiii; de Anima. L\ii.