TRAITÉ DE L'AME
SOUS la personne des morts, nous la prouvons, si je ne me trompe, par les faits eux-mêmes, lorsque, dans les exorcismes, il se donne tantôt pour un parent, tantôt pour un gladiateur ou pour un bestiaire, ailleurs pour un dieu, cherchant avant tout à étouffer la vérité que nous prêchons. »
Si le théologien du deuxième siècle avait eu à tracer le tableau du spiritisme tel qu'on le pratique aujourd'hui dans les rangs d'une secte ténébreuse, il n'aurait pu s'exprimer autrement. Rien ne manque à sa description, y compris les tables parlantes. Tant il est vrai que les mêmes folies se renouvellent à toutes les époques dans l'histoire de l'esprit humain! Remarquez-le bien. Messieurs, Tertullien ne nie pas les résultats extraordinaires qu'obtenaient quelquefois les spirites de son temps par leurs évocations magiques. Nous pensons de même que tout ne se réduit pas à la fourberie et à l'hallucination dans les phénomènes qui se produisent sous la main de nos modernes magiciens. Rien ne nous surprend moins que l'action démoniaque dans des faits de ce genre. Mais ce que le sens chrétien repousse aujourd'hui comme alors, c'est l'hypothèse d'une manifestation quelconque de l'âme des morts. « Que les enfers ne s'ouvrent à aucune âme, dit Tertullien, voilà ce que le Seigneur, parlant dans la personne d'Abraham, confirme suffisamment par cet exemple du pauvre qui repose et du riche qui gémit. Non, personne ne peut sortir de là pour annoncer ce qui s'y passe, chose qui pourtant aurait pu être permise alors, afin que l'on crût à Moïse et aux prophètes \ » Quant aux réponses parfois édifiantes ou orthodoxes que les spirites se plaisent à prêter aux voix d'outre-tombe, elles ne prouvent absolument rien en