‹ TertullienChapitre 183 sur 237 · Pe»st'-('S ch' Pascal. \, 'u · texte numérisé non relu

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t)E L'iNCARNÀTlOiS DU VERBE. 3«)9

de saint Jean nous montrent cette double tendance chc/ les sectes primitives '. Voilà pourquoi l'apôtre appuie avec tant d'insistance, d'une part, sur la divinité du Verbe; de Tautre, sur la réalité de rincarnation. Quand, plus tard, ce grand mouvement d'idées qu'on appelle le gnosticisme, éclata de tous côtés, les erreurs opposées des ébionites et des docèles se développèrent parallèlement dans les différentes écoles dérivées de cette source commune. Mais alors l'on vit se produire un phénomène assez curieux à observer. Parmi les gnostiques, un petit nombre seulement osèrent contester la divinité du Christ; et cependant vous n'ignorez pas à quelles extravagances les portait une imagination dévergondée : tant ce dogme fondamental paraissait solidement établi à ceux-là mêmes qui ne reculaient devant aucune témérité ! Il faut faire une exception pour Carpocrate, espèce de socialiste, qui niait le droit de propriété et prêchait la communauté des femmes. Qu'un tel homme ait cru devoir s'attaquer à la personne divine du Sauveur, cela n'a rien d'étonnant. Quant aux principaux chefs de la gnose, tels que Valentin, Basilide et Marcion, ils étaient si éloignés de vouloir soutenir une pareille thèse, qu'ils se jetaient tout juste dans l'extrême contraire. Pour écarter de Jésus-Christ ce qui leur paraissait une imperfection, ils se croyaient obligés de nier son humanité. Partant de cette idée que la matière est le siège du mal, et que Dieu ne saurait entrer en contact avec elle sans se souiller, ils prétendaient que le corps du Christ se réduisait à une simple apparence, ou du moins qu'il était d'une nature différente du nôtre. C'est cet idéalisme fantastique que Tertullien combat dans le traité dont nous allons nous occuper.

1. Voyez les Pères apostoliques et leur époque, le<;ou .wii".

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