‹ TertullienChapitre 185 sur 237 · De Carne Christi, vi; adv. Marcionem, n, ûl · texte numérisé non relu

De Carne Christi, vi; adv. Marcionem, n, ûl

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monde : cette belle philosophie de l'histoire, que nous admirions naguère chc/. If premier des apologistes chrétiens, aurait donné [)lus d'ampleur à la thèse de Tertullien sur les ronsi-quences anticipées de la médiation du Verbe \ Certes, Messieurs, voilà une théorie féconde: il est impossible de ne pas admirer la [u-ofondeiir et l'étendue d'esprit que révèlent de pareils aperçus. Aussi, quand je compare à cette puissante synthèse les frivolités qu'on vient nous offrir aujourd'hui sous le nom de critique religieuse; lorsque je vois des hommes de talent déserter le terrain de la vraie spéculation pour en revenir au matérialisme de l'école d'ionie, aux atomes de Leucippe et de Démocrite, je ne sais ce qu'il faut plaindre davantage, ou de ceux qui oublient à un tel point la mission de la science, ou d'une époque condamnée à les entendre et à les lire.

Marcion, le grand adversaire de Tertullien, n'admettait pas la réalité de l'incarnation du Verbe. Élevé dans les rangs du clergé, cet hérésiarque cherchait à détruire chez les autres la loi (juil avait reniée lui-même. C'est ce que le prêtre de Car- Ihage lui reproche avec sa vigueur accoutumée : « Parce que tu as cessé de croire, Marcion, tu travailles maintenant à anéantir ce que tu avais cru ; mais, loin de la détruire, tu ne fais que confirmer cette foi qui naguère était la tienne ^. » L'orgueil du gnostique se révoltait à l'idée que le Fils de Dieu eût pris naissance parmi les hommes. Quoi! une étable, une crèche, les langes d'un berceau, les faiblesses de l'enfance, lorsqu'il s'agit d'une personne divine ! Insensé! qui ne comprenait pas que tout l'éclat des grandeurs humaines n'eût

1. Voyez S. Justin et les Apologistes chrétiens au deuxième siècle, leçon

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