‹ TertullienChapitre 186 sur 237 · De Carne Christi, ii · texte numérisé non relu

De Carne Christi, ii

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rien ajouté à la fonction du Rédempteur, et qu'il était plus convenable pour l'Homme-Dieu de les fouler aux pieds que de s'en parer. Sans doute, répond Tertullieu, il n'est pas de substance assez noble pour servir de vêtement à la Divinité; mais les formes que Dieu revêt, il les ennoblit. Non, une naissance réelle ne dégrade point la majesté divine : en devenant homme. Dieu ne court nul risque de déchoir de sa grandeur. car il ne cesse pas d'être Dieu. Ce n'est pas dans l'Etre souverain que le changement s'opère : en s'unissant par le lieu d'une seule et même personne, les deux natures restent néanmoins distinctes: l'une s'élève sans que l'autre s'abaisse*. Est-ce le fait de la naissance qui te répugne? continue l'éloquent écrivain. Tu as donc une idée bien basse de la nature humaine. Eh bien! apprends quelle est sa dignité, apprends-le de cette foi à laquelle tu as renoncé. Tout ce passage, Messieurs, est admirable de force et d'élévation : permettez-moi de le placer sous vos yeux :

« Courage, Marcion! Déclame à ton aise contre les saintes et vénérables opérations de la nature! Multiplie tes invectives contre tout ce que tu es I Détruis l'origine de la chair et de l'àmel Appelle cloaque les flancs maternels où s'élabore l'homme, cet animal sublime!... N'épargne pas même la pudeur de la femme qui devient mère, honorable pour les périls qu'elle court, sainte et religieuse par le ministère que la nature lui assigne. Tuas horreur sans doute de cet enfant jeté à terre avec les obstacles qui l'embarrassent et les humeurs qui le souillent. Ces langes qui le retiennent, ces liens qui l'entourent, ces caresses qu'on lui prodigue excitent ton dédain. Tu méprises, Marcion, cette vénération due à

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