DE L'INCARNATION DU VERBE
lin caractère d'infinité par l'incarnation du Verbe. Voilà coninient, tout en restant l'objet de la foi, les mystères de la religion élargissent l'horizon de l'intelligence, qu'ils environnent de clartés ; c'est dans ce sens que Tertullien pouvait répéter après saint Paul : ce qui parait une folie et une bassesse aux yeux du monde est en réalité la vraie sagesse et la véritable grandeur.
Évidemment, les gnostiques n'avaient pas choisi un terrain favorable à leur cause ; ils admettaient que le Fils de Dieu avait paru sous forme humaine, tout en soutenant que son corps était un pur fantôme. Mais, leur répond Tertullien, il faut éviter de se donner pour ce qu'on n'est pas. Si, comme vous le prétendez, la matière était essentiellement mauvaise, le Christ aurait dû en répudier jusqu'à l'apparence même. C'eût été tromper le regard, et se jouer des sens, que de feindre d'avoir une chair « ferme sans os, solide sans muscles, colorée sans qu'elle renfermât de sang, vêtue sans avoir la peau pour tunique, affamée sans éprouver la faim, mangeant sans dents pour manger, parlant sans langue pour parler. » Non, ne cherchez pas à nous ravir par un mensonge la moitié du Christ. Le Christ a été tout vérité, totus veritas fuit '. Tous les adversaires de l'Incarnation ne poussaient pas l'idéalisme aussi loin que Marcion. Suivant Apelleetses partisans, le Christ aurait emprunté sa chair à la substance des astres. Est-ce donc dans les astres que le Fils de Dieu a fait son apparition ? reprend le prêtre de Carthage. Si la terre a dû être le théâtre de son activité, pourquoi aurait-il emprunté ses organes à la grande Ourse, aux Pléiades ou aux Hyades ? Il est vrai que saint Paul appelle le nouvel Adam « l'Homme
1, Vf Carne Christi, m, v.