‹ TertullienChapitre 189 sur 237 · DE LA THAIR DU CHRIST · texte numérisé non relu

DE LA THAIR DU CHRIST

céleste » ; mais par opposition à riiomiiit-f cliarnel, et non pour indiquer une diversité de matière: car nous aussi, nous sommes destinés à devenir célestes par l'esprit, bien que dans une chair terrestre. L'Apôtre dit encore que « Jésus-Christ a été dans la ressemblance de la cliair du péché » ; mai^ ces paroles, loin de sip:nifier que le Verbe n'a pris que l'image du corps au lieu de sa réalité, expriment une pensée toute coU' traire : la chair du Christ, exempte du péché, s'est trouvée pareille à la nôtre, pareille par la nature, mais non par la corruption d'Adam \ Oui, toutes les marques d'une origine terrestre ont existé dans le corps du Sauveur. Vous allez voir. Messieurs, comment la vive imagination de Tertullien sait mêler à une discussion théologique les charmes de la poésie. Il s'agit des rapports d'analogie qu'on peut observer entre le corps humain et la terre, dont les éléments se réunissent en lui.

« Point de matière, dit-il, qui ne porte le témoignage de son origine, malgré les nouvelles propriétés qu'elle acquiert en se transformant. Notre corps, qui est du limon façonné, vérité dont les nations ont tiré leurs fables, atteste les deux éléments d'où il sort, l'élément terreux par la cliair, l'élément aqueux par le sang. Je le veux bien, les qualités spécifiques ne sont plus les mêmes de part et d'autre, car ce qui provient d'une chose diffère de son principe; mais enfin, qu'est-ce que le sang, sinon un liquide rouge? qu'est-ce que la chair, sinon une terre transfigurée? Considère une partie après l'autre : les muscles resseml)lent à de petites élévations de terre, les os à des pierres, les glandes des mamelles à de petits cailloux. Regarde! Dans cet enchaînement des nerfs, ne vois-tu

Il De Carne Ghristi, vi. vm. xvi,

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