DE LA CHAIR DU CHRIST
n'est spirituelle, ni notre àme n'a la substance de la chair *. Le Christ venait sauver ce qui avait péri; c'est l'homme qui avait péri; c'est l'homme aussi qu'il s'agissait de réhabiliter dans une nature pareille à la sienne ^. Une mort humaine suppose une naissance pareillement humaine : nier lune, c'est rejeter l'autre, et détruire par conséquent l'œuvre de la Rédemption du monde. Pour soutenir que le Sauveur n'avait qu'une chair fantastique, l'hérésie ne manque pas de répéter ces paroles de l'Evanj^ile : « Qui est ma mère et qui sont mes frères? » Mais, loin de renier par là sa naissance humaine, le Christ se l)oriiait à nous apprendre que les relations de famille sont subordonnées aux intérêts de Dieu, dont il faut avant tout écouter la parole et accomplir les œuvres '. Tertnllien est almirable quand, voulant établir, à la suite de saint Irénée, un parallèle entre Eve et Marie, il montre pourquoi le Fils de Dieu devait naitre d'une vierge :
« La sagesse éternelle nous préparait d'avance un mystère d'un Dieu naissant d'une viergt*. La terre était vierge encore: le travail de l'honinie ne s'y était point fait sentir; nulle semence n'avait été jetée dans son sein, quand Dieu forma d'elle cette créature destinée à recevoir une àme vivante. Si donc le premier Adam a été. formé d'une pareille terre, il était juste que le second, ou le nouvel Adam, comme parle l'Apôtre, fût tiré par l'opération divine d'une terre, c'est-àdire d'une chair dont la pureté n'avait reçu nulle atteinte, et (pril devint ainsi un esprit vivifiant. Et, puisque ce nom d'Adam vient se placer dans mon discours, le Christ aurait-il pu être désigné de la sorte, si sa chair n'avait pas été un^