De Carne Christi, v
HE L'INCARNATION DU VEnDE. 38.T
pour trouver excessif le culte de vénéralion que TK^^lisc; roud à la Mère du Rédempteur. Ici encore le protestantisnio trahit cette absence complète de principes qui en fait le plus iucO' lièrent de tous les systèmes religieux. Car, étant donné le dogme de la maternité divine, qu'il ne saurait mettre en ([uestion sans renier le christianisme, le culte de la sainte Vierge en découle comme une conséquence nécessaire. Qu'une créature, revêtue d'un caractère dont la sublimité dépasse toutes nos conceptions, ait été exempte de la tache du péché originel, et soustraite à l'empire du mal pendant sa vie; que Dieu ait devancé pour elle l'heure de cette assomption glO' rieuse à laquelle nous sommes tous appelés, il n'y a de surprenant dans tout cela que l'étonnement de ceux qui ne comprennent pas le motif de pareils privilèges. Il est évident, d'autre part, que s'il y a dans la grande famille humaine une solidarité d'actes et une réversibilité de mérites; si le membre le plus infime de l'humanité peut influer sur la destinée de son semblable par une intervention quelconque, la dignité et la fonction unique de la Mère du Rédempteur doivent assurer à son intercession auprès de Dieu une vertu illimitée. C'est une simple question de bon sens pour quiconque croit sin, cèrement à l'incarnation du Verbe. Voilà pourquoi les premiers écrivains de l'Église, échos fidèles de la tradition chrétienne, ont célébré avec enthousiasme les grandeurs de celle qui, par le ministère de la maternité divine, occupe dans la création un rang incomparable.
Assurément, rien n'était moins difficile que d'établir la réalité de la nature humaine dans Jésus-Christ. En face d'adversaires qui admettaient le témoignage des apôtres, il suffisait à Tertullien de citer le commencement de l'Évangile selon saint Matthieu: « Livre de la génération de Jésus-Ghrisi