De Besurr. carnis, i.vii
i. Ibid.. lA, l.M.
LES FINS DP^RM ÈRES DE L'HOMME. 39o
pagnera comme une sœur de lait, ut collactanea comitabitur^ . Êtes-vous effrayés de la difficulté qu'il y aurait à rassembler des éléments que les vicissitudes humaines ont dispersés dans tous les sens? Mais Dieu, qui a créé de rien toutes choses, pourra bien retirer du néant une chair réduite au néant. Qu'est-ce qui l'empêcherait d'arracher la chair à l'abîme, quel que soit l'abîme où elle se trouve ensevelie ? Qui a fait une chose, peut la refaire ; il y a plus de puissance à produire qu'à réparer, à donner l'être qu'à le rendre. Croyez-le bien, le rétablissement de la chair est plus facile que sa création : Ita restitutionem carnis faciliorem credas institutione -.
Ce dernier argument, Messieurs, est capital dans la cause que défend Tertullien. Car la création du premier couple humain est un fait surnaturel devant lequel toute science véritable est forcée de s'incliner. Or, comme It^ dit admirablement l'auteur, il y a plus de puissance à produire qu'à réparer, à donner l'être qu'à le rendre : Plus est fecisse quam refecisse, initium dédisse quam reddidisse. Aussi ce fait primiti! jette-il nos adversaires dans un extrême embarras; et les efforts qu'ils font pour l'éluder sont vraiment dignes d'une meilleure cause. Tantôt ils s'enfoncent dans les entrailles de la terre pour en sortir triomphants, une hache de silex à la main, ou un autre ustensile semblable. Qu'est-ce que cela prouve ? Ces traces de l'activité humaine dans les couches primitives du globe seraient-elles aussi certaines qu'elles sont douteuses, il n'en résulterait absolument rien contre le fait surnaturel de la création du premier homme.