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LÈS FINS DliRNlÈftES DE L'HOMME. 40o
que Dieu abandonne à une destruction sans retour l'œuvre de ses mains, l'objet de son industrie, l'enveloppe de son souffle, la reine de sa création, l'héritière de sa libéralité, la prê^ tresse de sa religion, le soldat de son témoignage, la sœur de son Christ*. »
Impossible de mieux faire valoir les droits de la chair à la résurrection. Dans cette partie de son sujet, [Tertullien n'a pas trouvé d'égal parmi les orateurs chrétiens des premiers siècles ; comme aussi l'on ne citerait aucun de ses écrits où la poésie du style relève davantage la justesse des pensées. J'ai appelé ces preuves des raisons de convenance, parce qu'elles s'appuient moins sur l'autorité positive de la révélation que sur la haute conformité du dogme avec les perfections divines et la nature de l'homme. Les gnostiques répondaient ainsi à l'argument tiré de l'union intime du corps avec l'àme : La chair, sans discernement par elle-même, dépourvue de sentiment, n'ayant ni la faculté de vouloir ni celle de ne vouloir pas, la chair est après tout, dans les services qu'elle rend à l'àme, un simple vase, un pur instrument, mais non un ministre. L'àme seule reparaîtra donc au jugement pour répondre sur l'usage qu'elle aura fait du vase de la chair ; quant au vase lui-même, il échappe à toute sentence. On ne condamne pas la coupe dans laquelle a été mêlé le poison. On n'envoie pas aux bêtes le glaive qui a servi au brigand pour verser le sang. Voici la réplique de Tertullien. L'exemple manque de justesse par la diversité des choses dont il s'agit. Tout vase, tout instrument, comme la coupe ou le glaive, viennent du dehors, et ne font point partie de la nature humaine, à laquelle ils restent absolument étrangers. Mais le