‹ TertullienChapitre 205 sur 237 · DE LA RÉSURRECTION DES COUPS · texte numérisé non relu

DE LA RÉSURRECTION DES COUPS

corps, au contraire, ne fait qu'un avec l'âme, donl chaque opération devient la sienne en vertu de cette communauté d'existence et de vie. La perfection et la plénitude du jugement divin ne peuvent se réaliser qu'autant que Thomme se représente tout entier. Or, la nature humaine n'a son intégrité que par l'union des deux, substances ; il faut donc que l'homme comparaisse dans l'une et dans l'autre pour être jugé tout entier. Tel il a vécu, tel il doit être jugé : Qiialis vixciit, talem judicari oportet^. La réponse est victorieuse. Sans doute, Messieurs, alors comme aujourd'hui, ce qui arrêtait certains esprits aussi crédules pour leurs propres opinions que difficiles à l'égard des dogmes de la foi, c'est que Dieu ne daignait pas se mettre à leur service pour leur donner le spectacle d'une résurrection. Il est vrai, disaient les Pères de l'Église, Dieu a reculé dans l'avenir la gloire et le bonheur qu'il destine à l'homme, pour laisser à la foi son mérite; mais la puissance qu'il a déployée dans la création du monde, garantit l'accomplissement de ses promesses. Poui' nous préparer à ces merveilles futul'es, il place sous nos yeux le prodige du renouvellement périodique de l'univers. Ce tableau du monde physique qui repasse, à certains intervalles, de la mort à la vie, nous l'avions déjà rencontré dans le pape saint Clément et dans Théophile d'Antioche; Minucius Félix et saint Cyrille de Jérusalem le î*eproduiront également ; mais nul n'a égalé TertuUien sur un thème oii la brillante imagination du prêtre africain pouvait se donner libre carrière :

« Maintenant jette les yeux sur les exemples de la puissance divine. Le jour meurt pour faire place â là nuit, et

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