Ibid-i xx-xxiii
au livre des Évangiles, non moins que dans les Actes des apôtres et dans l'Apocalypse de saint Jean, il s'agit d'une résurrection qui s'accomplira a?« dernier jour, à la fin des temps : résurrection toute différente d'un changement moral qui doit s'effectuer pendant que nous jouissons de la vie présente*. Ce sont les œuvres de la chair, nos péchés et nos vices, que nous déposerons sans retour, suivant le langage du Christ et des apôtres, mais non la chair elle-même, qui devra prendre place à la droite du Père, comme le Christ, Dieu et homme tout ensemble, s'y est assis dans l'intégrité de notre nature^. Du reste, il n'est pas jusqu'à la chair esclave du péché qui n'aura part à la résurrection ; tous ressusciteront pour le jugement, mais non pour la gloire : il y aura entre les uns et les autres communauté de substance et de nature ; la différence portera sur la condition et sur les qualités des corps ressuscites'. Toute cette discussion, appuyée principalement sur les épîtres de saint Paul aux Corinthiens et aux Thessaloniciens, épîtres qui semblent écrites avec un rayon de soleil, dit Tertullien, tant elles sont lumineuses, qiiod ipsius solis radio scriptum putem, toute cette discussion est un modèle de logique et d'érudition. On peut voir par là ce qu'il y a de sûreté et de rectitude dans le jugement de cet homme, quand la passion et l'esprit de parti ne troublent pas son esprit, naturellement si ferme et si droit.
Je disais, en commençant, que, par suite des aberrations religieuses du monde païen, la question des fins dernières de l'homme restait enveloppée d'un épais nuage à l'époque où le christianisme vint enseigner au genre humain le dogme de
d. De Resurr. carnis, xxiv-xliv.