‹ TertullienChapitre 21 sur 237 · Ad Uxorem, c iv · texte numérisé non relu

Ad Uxorem, c iv

2. Ibid., c. v. — <. Vae pneguuutibiis et uutncautiljii?. >- Mattli.. xxiv. 19; Luc, xxiii.)

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eugagements, ne serait-ce que pour honorer la mémoire d'un époux qui lui était cher. Cette raison est, en effet, de nature à faire impression sur une âme pour laquelle le culte des souvenirs n'est pas un mot vide de sens. Lorsqu'on réfléchit à la force et à la sainteté du lien conjugal, on a peine à comprendre que la mort elle-même puisse le rompre, et que l'union des âmes ne doive pas se prolonger au delà du tombeau, dans la perpétuité d'une foi inviolable. Tout en se gardant de condamner ce que TÉvangile autorise, la conscience chrétienne ne peut s'empêcher de juger avec une certaine sévérité celle des deux parties qui, sans de graves motifs, profite de la liberté que la mort lui a rendue, pour porter ailleurs une affection qui semblerait ne pas devoir souffrir de partage. De là l'idée d'imperfection qui s'est toujours attachée aux secondes noces. Je regrette que Tertullien ne se soit pas étendu davantage sur cette considération, l'une des plus sérieuses que l'on puisse faire valoir à cet égard. Ici, comme d'ailleurs il ne manque pas de l'observer, il se rencontrait avec le sentiment de l'antiquité païenne ellemême, qui honorait dans ses Artémise, ses Pénélope et ses Didon la fidélité à une mémoire que rien ne parvenait à effacer de leur cœur. Toujours est-il que l'enthousiasme avec lequel il célèbre les avantages de la viduité chrétienne, montre à quelle profondeur l'esprit de l'Évangile avait pénétré cette âme faite pour comprendre et admirer la beauté du sacrifice.

Car, remarquons-le bien, Messieurs, Tertullien est encore fort éloigné des exagérations auxquelles nous le verrons arriver plus tard sur le même sujet ; et la réserve de son langage prouve que ce testament spirituel est une de ses premières productions littéraires. S'il exhorte vivement sa

41 l.I'TTUi: Di: TKUTLLLIKN A SA l'ICMMI'.

lenime à ne point so rtsniarier, ce n'est pas qu'il regarde les secondes noces comme illicites ; encore moins les tient-il pour nulles. Je n'ignore pas, dit-il dans une deuxième lettre, combien le veuvage peut être i)énil)le en certaines circonstances. Aussi je ne [irélends pas vous imposer un fardeau trop lourd pour vos forces. Aux choses difficiles une facile indulgence*. Si le prêtre de Cartilage avait toujours su rester fidèle à cette maxime, il eût évité les excès auxquels il s'est laissé entraîner. Tout ce qu'il exige de la femme chrétienne, c'est que du moins elle ne se remarie pas avec un inlidèle. Là-dessus, il n'entre dans aucun accommodement, et ne ménage pas les expressions les plus fortes pour qualifier de telles unions. S'appuyant sur ie texte de l'apôtre, « que la veuve se marie à qui elle voudra, pourvu que ce soit dans le Seigneur! » il voit dans ces dernières paroles la défense formelle de contracter mariage avec un pa'i'en. Vous n'ignorez pas. Messieurs, que, depuis plusieurs siècles, la loi ecclésiastique frappe de nullité l'union d'un chrétien avec une infidèle, ou réciproquement. 11 n'en était pas ainsi dans les premiers temps de l'Église, où le mélange des deux sociétés ne permettait pas cet empêchement dirimant ; et TertuUien lui-même ne va pas .jusqu'à dire que ces sortes de mariages sont invalides, bien qu'il les réprouve de toute l'énergie de son àme^. Aussi, voyons-nous, par exemple, la mère de saint Augustin, sainte Monique, épouser un infidèle, et sainte Glotilde s'unir à

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