LIVRE CONTRE LES JUIFS
Il n'en ('tait pas de même cent cinquante ans après la ruine de Jérusalem. Dix-huit siècles n'avaient point passé sur cette catastrophe, pour apprendre à quiconque ne veut pas s'aveugler soi-même, que le Messie est arrivé ou qu'il n^arrivera jamais. Les Juifs ne renonçaient pas encore à ces rêves de domination terrestre, que caressait leur imagination sensuelle. Ce qui les distinguera désormais, c'est une haine profonde contre les chrétiens. Saint Justin ne craignait pasde faire remonter jusqu'à eux la source des calomnies répandues parmi les païens sur le compte des disciples de l'Évangile \ Déplus, ils portaient déjà dans la discussion religieuse cette sophistique misérable, toute chargée d'inventions gro* tesques, qui a fait du Talmud « le plus effrayant monument de la dépression intellectuelle ». TertuUien avait assisté à l'une de ces disputes si fréquentes dans un siècleoù le monde était remué par les grands événements qui venaient de se passer; et l'on peut conclure qu'il n'était pas resté simple spectateur de la lutte. Gomme il arrive trop souvent, cette discussion engagée entre un chrétien et un prosélyte juif, avait duré jusqu'au soir, sans qu'on se trouvât plus avancé départ et d'autre. D'ailleurs, le bruit que faisaient les assistants n'avait pas permis de bien saisir l'argumentation. Le prêtre de Carthage résolut donc d'achever par écrit le développement des matières traitées de vive voix ^. Telle est l'origine du livre qu'il composa contre les Juifs.
Mon intention n'est pas de reprendre une à une toutes les questions que soulève la controverse juive : nous les avons examinées suffisamment à propos du dialogue de saint Justin