Adv. Judœos, ii
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sa descendance de manger la chair des animaux avec leur sang, le rit de la circoncision prescrit à Abraham. Enfin, la connaissance des vérités même naturelles de la religion patriarcale provenait d'une révélation faite au premier homme, eL transmise de famille en famille par la voie de l'enseignement. C'est avec ces restrictions, indiquées d'ailleurs par TertuUien, qu'on peut appeler naturelle la loi non écrite. Gela posé, le caractère et le rôle de la loi mosaïque devenaient manifestes. Dans sa partie dogmatique et morale, elle reproduisait, en les développant, le symbole de foi des patriarches et les données mêmes de la conscience : sous ce rapport, comme le prêtre de Carthage l'observe avec raison ^ elle n'était point particulière au peuple juif, et ne pouvait être abrogée d'aucune façon; carie dogme et la morale sont absolus de leur nature. Restait donc, comme l'apanage exclusif d'Israël la partie disciplinaire, le rituel et le code civil. Or cet ensemble de prescriptions légales et de cérémonies avait pour but de maintenir intacte, au sein du peuple choisi, lu grande doctrine dont il était le dépositaire privilégié, la croyance à l'unité de Dieu et la promesse du Rédempteur. Dès lors il était évident que, le but une fois atteint avec la venue du Messie, ces institutions figuratives et préservatrices tomberaient d'elles-mêmes. A quoi bon ces mille précautions mmutieuses contre l'idolâtrie, du moment que le culte des idoles aurait fait place au culte du vrai Dieu ? A la circoncision charnelle, donnée comme signe à un peuple séparé de tous les autres, devait succéder la circoncision spirituelle, dont la première n'avait été qu'un symbole; à des sacrifices sanglants, attachés au seul temple de Jérusalem, des sacrifices purs et sans tache, offerts dans tous les lieux de la terre ; à une loi temporaire et locale, une loi universelle et sans fin. En un T. u. "21
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mot, tout allait s'élargir, se perfectionner, se spiritualiser. Cette expansion illimitée du règne de Dieu, les prophètes n'avaient cessé de la prédire, lorsqu'ils parlaient d'un empire qui, loin d'être resserré dans les bornes de la Judée, s'étendrait jusqu'aux extrémités delà terre; d'une alliance nouvelle qui ne ressemblerait pas à celle du Sinaï ; d'une oblation pure qu'on ferait parmi les nations, depuis le lever du soleil jusqu'à son couchant,etc/. De tous ces textes qu'il discute avec beaucoup de sagacité, Tertullien conclut que la loi mosaïque devait être abrogée un jour dans sa partie rituelle et céré* monielle; et pour quiconque ne veut pas rompre avec l'évi^ dence, il ne saurait y avoir de conclusion plus certaine que celle-là.
Après la question de droit venait la question de fait. Là loi mosaïque a-t-ellé été abrogée, suivant les Écritures? En d'autres termes, le Messie est-il venu ou non ? Quœrendum est an jam venerit necne *. Pour mettre en lumière ce point Capital, l'auteur du Traité contre les Juifs démontre que dans la personne de Jésus- Christ se sont accomplies toutes les prophéties concernant le Messie^ l'époque de son avènement, son lieu de naissance, les principales circonstances de sa vie et de sa passion. Il s'arrête en particulier à la célèbre prédiction de Daniel relativement aux soixante-dix semaines d'années au terme desquelles le Christ devait être mis à mort. On peut, sans nul doute, relever quelques erreurs de détail dans le calcul, fort ingénieux d'ailleurs^ qu'il établit à ce sujet. Tertullien a tort de compter les soixante-dix semaines à partir de la première année de Darius, au lieu dé la ving-