Ad U.rorem, 1. ii, c. iv
LE MAIUAGE CHKÉTIKN. . 47
c'est du pain, ne supposera-t-il pas que c'est ce pain dont on fait tant de bruit? Et comme il ne peut pénétrer un mystère qu'il ignore, que d'alarmes, que de soupçons! il ne rêve déjà (|ue meurtres et empoisonnements... * »
On n'aurait pu présenter sous une forme plus vive ni plus saisissante les inconvénients de ces mariages mixtes, Tertul' lien, qui a tant de fois abusé de l'éloquence et de la logique pour soutenir des sophismes, en fait le meilleur emploi dans cette cause, qu'il défend avec autant de chaleur que d'ha^ bileté. De plus, les raisons qu'il développe nous initient aux détails de la vie des premiers chrétiens, en indiquant la grande place qu'y occupaient les exercices du jeûne et de la prière, l'assistance aux offices divins, les pratiques de piété particulières, la visite des pauvres, et en général les œuvres de miséricorde tant corporelles que spirituelles. Un trait surtout n'a pas dû vous échapper dans cette énumération des difficultés qu'engendrait la différence des cultes, c'est l'allusion peu voilée à la communion fréquente. Nul doute, en effet, que l'Eucharistie ne soit désignée par ce pain mystérieux au sujet duquel les païens conçoivent tant d'alarmes, et que la femme chrétienne doit prendre en secret avant toute nourriture. Déjà noiis avions rencontré un passage analogue dans le traité de la Prière-: il ressort évidemment de ces deux textes que l'Église primitive croyait à la présence permanente de Jésus-Christ dans le sacrement de l'autel ; sinon, les paroles de tertuUien n'auraient aucun sens. Comment l'Eglise aurait-elle pu permettre aux fidèles d'emporter avec eux et de conserver dans leurs maisons la sainte Eucharistie,