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plus vive ni |)liis constante que de maintenir l'état conjugal dans les conditions qui le rendent digne de respect et d'honneur. Parcourez son histoire et sa h*îïislation depuis dix-huit siècles: c'est chose admirable de la voir sur ce point en lutte perpétuelle avec les erreurs et les passions humaines, sauvegardant les mœurs publiques, par la sévérité de ses prescriptions ; frappant, d'un côté, les hérétifjues qui condamnent le mariage, et, de Tautre, les libertins qui s'en font un jeu ; opposant des barrières au vice par ses lois si sages et si utiles sur les empêchements ; n'épargnant dans ses anathèmes ni grands ni petits, du moment que les uns ou les autres sacrifient à leurs caprices un droit immuable ; faisant monter ses censures jusque sur le trône des plus puissants monarques, pour y Atteindre le scandale d'une foi violée ; n'admettant pas la plus légère transaction avec la mobilité et l'inconstance du cœur humain; flétrissant, à mesure qu'elles se produisent, ces théories qui tendent à faire d'un contrat indissoluble une convention résiliable à volonté ; et par sa vigilance à protéger contre toute attaque l'unité d'un lien perpétuel, soutenant, en dépit des résistances et des clameurs, les véritables bases de la société domestique. Oui, sans doute, l'Église a arboré dans le monde le drapeau de la virginité et de la continence; mais c'est précisément sous les plis de ce drapeau qu'elle abrite la sainteté du mariage. En conseillant la perfection à quelques-uns, elle enseigne le devoir et le sacrifice à tous. Certes, ce n'est pas de son sein que partent aujourd'hui les voix qui déprécient le mariage. Tandis qu'une littérature ignoble, qui fait la honte de notre époque, n'est occupée qu'à glorifier les unions irrégulières, illégitimes ; tandis que des faiseurs de drames et de romans ne cessent d'ébranler la constitution de la famille en flattant les plus mauvais ins-
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tiiicLs de l'homme, l'Église continue à exalter les vertus simples et grandes du foyer domestique ; et réprouvant avec force toute alliance qui ne porte pas le sceau de Dieu, elle fuit briller au-dessus de ces sophismes et de ces turpitudes l'auguste idéal du mariage chrétien.
VINGT-DEUXIÈME LEOOX
Régcuératiou de la famille par le christianisme. - Place que la femme occupe dans la couslitutiou de la famille comme épouse et comme mère. — Efforts des prédicateurs de l'Évaugile pour préparer les femmes à remplir avec fruit leur missioia de bons conseils et d'éducation. — Les deux traités de TertuUien sur l'Ornement des femmes. - Dangers du luxe immodéré pour la famille et pour la société. - Éloquente apostrophe d'isaie aux femmes de Jérusalem. - La VI" satire de Juvénal. - Esprit satirique de TertuUien dans le développement du même thème. — Sa critique spirituelle de l'or, de l'argent et des pierres précieuses. — Le luxe et une école d'économistes modernes. — Dans quelle mesure il faut restreindre la condamnation du luxe. — Avant tout il est nécessaire de bien se pénétrer de l'esprit des préceptes évangéliques. — ilérite littéraire de cet ouvrage de TertuUien.
Messieurs,
Le christianisme a pour mission de réformer riiumanité, qu'il introduit dans un ordre de relations surnaturelles avec Dieu. Gomme l'individu, la famille et la société doivent participer à cette restauration générale, en se laissant pénétrer par l'esprit évangélique. A la vérité, les vices invétérés de l'État païen ne permettaient pas l'application immédiate du principe chrétien à la vie sociale et politique ; mais du moins la famille et l'union conjugale qui en est le fondement, pou' vaient-elles se ressentir dès le premier instant du bienfait d'une législation nouvelle. En élevant le mariage à la dignité de sacrement, et en le resserrant dans l'unité d'un lien per-
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pétuel, le Christ avait replacé la société domestique sur sa base première, en même temps qu'il lui imprimait un caractère plus auguste. Dès lors, ce n'était plus une association purement naturelle ou légale, qu'un caprice pouvait dissoudre après l'avoir formée, mais une alliance sainte, où l'union des corps bénie de Dieu s'achève, s'ennoblit et se transfigure en quelque sorte par une union plus haute, celle des âmes confondues dans le bonheur d'une même foi, d'une même espérance, d'une même charité. Voilà l'idée que Tertullien nous donne du mariage chrétien dans le testament spirituel adressé à la pieuse compagne qu'il envisageait comme sa sœur depuis son élévation au sacerdoce.
Lorsqu'on observe avec soin la constitution de la famille, il est facile de voir quelle grande place la femme y occupe comme épouse et comme mère. Si l'homme joue le principal rôle dans le maniement des affaires de l'État, la direction intérieure de la société domestique revient surtout à la femme ; et de même que la chose publique est en péril quand les hommes sont dépourvus d'intelligence et de caractère, ainsi l'absence de vertus chez les femmes est-elle une cause infaillible de la décadence des familles. Rien ne remplace auprès du mari l'influence légitime de l'épouse, ni chez l'enfant l'action éducatrice de la mère : là oti cette double mission n'est ni comprise ni respectée, l'ordre moral reçoit une atteinte mortelle. Voilà pourquoi le paganisme n'avait pas su organiser la famille dans ses vraies conditions : en avilissant l'épouse, il annulait la mère ; et le seul peuple de l'antiquité qui, tout en méconnaissant les droits de la femme comme le reste des nations, ait du moins honoré en elle la mère de ses citoyens, le peuple romain est également celui auquel ses vertus domestiques ont valu la plus grande force
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de durée, Avee le elirisliaiiisiuc, lu siiualionchaiijie : l'affrancliissement de la t'emintj relève à la fois le caractère de l'épouse et celui de la mère; longtemps comprimé par une violence tyrannique, ce ressort intime, sans lequel il n'y a pas de vie moi-alc [)0ur la i'amille, reprend de nouveau son jeu libre et régulier. Mais, ici encore, comme en toutes choses, rÉvangile trahissait cette sagesse profonde qui a inspiré l'éconouiie chrétienne. En même temps qu'il proclamait des droits, il enseignait des devoirs; et c'est par l'accomplissement de ceux-ci qu'il assurait le respect de ceux-là. Ranimer en soi l'esprit de sacrifice, tel était pour la femme le plus sûr moyen de recouvrer son ascendant moral au foyer domestique : car la faiblesse trouve dans la vertu la meilleure garantie de son droit. Aussi les premiers prédicateurs de rÉvangile, saint Paul en particulier, avaient-ils mis un soin extrême à inspirer aux femmes chrétiennes l'amour des vertus qui seules pouvaient les replacer au rang dont le despotisme païen avait fait déchoir toute une moitié du genre humain.
Ce point était fort grave, car l'avenir du christianisme dépendait en grande partie de la réforme intérieure des familles; et, comme l'indique la nature même des choses, cette sphère 'd'action est plus spécialement réservée à celles dont les occupations se concentrent à l'intérieur de la société doniesti([ue. Pour préparer les femmes chrétiennes à remplir avec fruit cette mission de bons conseils et d'éducation, saint Paul les exhortait vivement à chercher dans des goûts simples et modestes une sauvegarde pour leur dignité d'épouse et de mère. Si, en effet, l'orgueil a plus de prise sur l'esprit de l'homme, le cœur de la femme est plus accessible aux sétluctioiis (le la \ai)il<''. Lr luxe, cntn'icjui par un désir