V^ Satire, v. 2S7-:i()l
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cjlièiT au coiitacL permanent des (idMcs avec une soriéu' où les raffinements de la vaiiilé ne connaissaient plus de bornes. En face de pareils exemples, l'imitation était d'autant plus :\ craindre quc! la lemme n'a guère besoin d'excitations du dehors pour nourrir en elle le goût de la recherche et des paruH's. Vous concevez facilement, Messieurs, que cet attirail féminin n'était pas de nature à pouvoir trouver grâce devant le caractère rigide du prêtre de Cartilage. Ce qui devait contribuer encore davantage à répandre des teintes sombres sur un ouvrage de ce genre, c'est qu'à répO(|ue oîi il le lit paraître, l'auteur inclinait déjà fortement vers les doctrines de Montan K Cependant, sauf quelques exagérationsquenous allons relever, cette pièce, si étincelante de verve et d'esprit, est conçue dans le véritable esprit de l'Évangile. Tertullien commence par rappeler à la femme que la loi du sacrifice ei de la soutirance a été posée pour elle après la chute. Eve a eu l'initiaLive dans la faute originelle : que son sexe ne l'oublie jamais, et qu'au lieu de s'attacher à de vaines frivolités, il imite la mère du genre humain dans sa vie laborieuse et pénitente I Croyez-vous, s'écrie l'éloquent écrivain avec une véhémence mêlée d'ironie, que si, au commencement du monde, les toisons de MileL étaient tombées sous les ciseaux, si les arbres de l'Inde avaient tilé des vêlements, et que Tyr eût envoyé sa pourpre, la Phrygie ses voiles brodés, Babylone ses tissus; si la perle avait blanchi, si le feu du rubis avait étincelé, si alors déjà la cupidité avait arraché l'or aux entrailles de la terre, et qu'il eût été permis au miroir de mentir, croyez-vous que, dans ce moment-là, Eve, chassée du
1. Tertullien uous apprend lui-même que le traité de Oniatu mulieruvi est postérieur au traité de Spectaculis. La première de ces pièces a donc dû être composée vers l'année iiol ou 202. iDe Ortiatu imiHerum, I. 8.)
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paradis et à demi-morte, aurait soupiré après ces choses? Eh bien, ne les convoitez pas non plus, vous qui aspirez à revivre. Tout ce baguage dont s'embarrasse une femme condamnée et déjà morte, n'est que la pompe funèbre de son convoi K
Sans doute, Tertullien ne fait pas preuve d'une critique bien sévère, lorsqu'il s'appuie sur le livre apocryphe d'Enoch pour soutenir que les anges rebelles, après avoir entretenu un commerce illicite avec les tilles des hommes, inventèrent les arts qui fournissent au luxe ses matières ou son aliment -. Cette opinion singulière, née d'une fausse interprétation du texte biblique, avait cours depuis longtemps parmi les Juifs, et l'on en retrouve quelques traces dans la tradition chrétienne. Il est certain que la prophétie attribuée à Enoch n'a pas peu contribué à la faire accréditer ; mais ce qui ne paraît pas moins évident, c'est que ce document n'offre aucun caractère d'authenticité. Tertullien s'ingénie en pure perte à vouloir démontrer que Noé a pu sauver du déluge l'ouvrage de son aïeul, ou bien le refaire sous l'inspiration de l'Esprit-Saint : en dépit de ces conjectures, qui n'ont pas le moindre fondement, il est obligé de convenir que les Juifs n'avaient cessé de rejeter cette pièce comme apocryphe. En outre, il a tort de prétendre, sur la foi du IV livre d'Esdras, qui ne mérite pas plus de créance, que ce célèbre hagiographe avait rétabli les saintes Ecritures consumées par le feu lors de la prise de Jérusalem : tout ce récit, fabriqué par un faussaire, se réduit à une pure fable démentie par tous les témoignages de l'anti- (piité. Évidemment la critique du prêtre de Carthage est en