Esprit des lois, liv. Vil, cliap. il et suiv
2. D' OrmtumuUerum, i, y.- >> Uuod et ?i forte Inbeudum sit, luodus tauieu (lebelar. »
pente du vice, si tU'jà il n'est l'indice d'un cœur dépravé. C'est dans cet ordre de considérations (pie Tertullien va entrer, et sou éloquence grandit avec le point de vue sous le(iii('l il envisage cette face de son sujet^ Une femme chrétienne. (lit-iL ne doit chercher à plaire qu'à son époux : qu'elle laisse aux païennes ces mille artifices par lesquels on tue la vertu en soi-même, pendant (ju'on l'attaque dans autrui. Ce n'est pas que le prêtre de Carthage méconnaisse la bonté divine dans les agréments naturels qu'elle communique aux créatures, ni qu'il veuille confondre la simplicité avec la négligence : son blâme porte sur cette manie de vouloir corriger l'œuvre de la nature par des soins excessifs qui la gàUMit plutôt qu'ils ne l'embellissent. Tertullien n'a rien écrit de plus remarquable que ces pages, où l'éclat et le mouvement du style viennent prêter une expression si heureuse au sentiment de la pudeur et de la dignité chrétiennes.
« Loin de moi, s'écrie-t-il, de vouloir faire le procès à la beauté elle-même I Elle est un heureux accident du corps, un ornement ajouté à l'œuvre de Dieu, un riche vêtement de l'âme... A Dieu ne plaise également que je prétende vous imposer des habitudes grossières et un extérieur sauvage, ni que je veuille vous conseiller une repoussante malpropreté, .le cherche uniquement à vous enseigner dans quelle mesure, suivant quelles règles vous pouvez soigner votre corps sans alarmer la pudeur. Il faut une simplicité modeste qui n'aille pas au delà de ce qui est décent, au delà de ce qui plaît à Dieu. Oui, elles pèchent contre le Seigneur, ces femmes qui enduisent leur peau d'une pâte mensongère, qui colorent leurs joues avec du vermillon, qui prolongent leurs paupières