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LE LUXK ET LA MORALE CHRÉTIENNE. (i<.)
à l'aide crime poudre noire. Le travail de la main divine leur déplaît apparemment; elles accusent, elles condamnent Dien dans son œuvre. N'est-ce pas le condamner, en effet, que de retoucher ce qu'il a fait et d'ajouter à ses plans? Et à qui vont-elles demander ces additions superflues? Au démon, son ennemi. Oui, au démon ; car quel autre pourrait nous enseigner le secret de défigurer notre corps, sinon celui qui a déjà su par sa malice déformer l'esprit de l'homme? C'est lui, n'en doutez pas, qui inventa ces artifices, pour pouvoir en quelque sorte mettre la main sur Dieu dans notre personne. Ce qui naît est l'oeuATe de Dieu ; donc ce qui n'est qu'une pure feinte vient du démon. Étouffer l'œuvre de Dieu sous les déguisements de Satan, quelle tentative criminelle!... J'en vois quelques-unes donner à leur chevelure la teinte du safran. Honteuses de leur pays, elles regrettent de n'être pas des filles de la Germanie ou des Gaules : elles transportent la patrie au bout de leurs cheveux. Fatal présage que cette chevelure de feux ! Elles trouvent beau ce qu'elles gâtent. Voyez, disent-elles, comme de blanche ou de noire qu'elle était, notre chevelure est devenue blonde sous nos mains, pour nous donner meilleure grâce. D'autre part, la honte de paraître âgées les pousse à changer leurs cheveux blancs en noirs. 0 témérité coupable ! On rougit d'un âge auquel on désirait atteindre. On a recours au larcin ; on soupire après une jeunesse pleine de désordres: on veut échapper à ce qui impose la gravité ! Ah I loin des filles de la sagesse une pareille folie ! Plus on s'efforce de cacher sa vieillesse, mieux on la découvre. Voulez-vous orner votre front d'une éternelle jeunesse ? Conservez votre innocence, beauté incorruptible que nous devons revêtir ici-bas, jusqu'à ce que cette maison terrestre soit remplacée par celle que nous promet la monarchie
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divine. Plaisante manière, e:i vérilé.de montre!' notre en^[tl■e^sement à rejoindre le Seignenr et à (juitter un monde corrompu, que d'envisai,'er comme une ditîorniiti' (••• (|ui est l'indice de notre arrivée prochaine^ ! »
Il y a sans contredit dans ces éloipientes invectives un vif sentiment de la grandeur et de la beauté morales. Un esprit sérieux comme Terlullieu ne pouvait (jue prendre en pitié ces occupations puériles qui rapetissent lliomme en lui faisant perdre de vue ses hautes destinées. Ce n'est pas pour son àrae si profondément chrétienne un travail digne d'absorber notre attention. S'il estime à leur valeur les dons naturels de la richesse et de la beauté, il n'est encore frappé que des dangers qu'on y trouve : ces avantages, qui deviennent tro|) souvent l'instrument du vice, sont à ses yeux une épreuve destinée à faire éclater la vertu ; et le moindre acte de charité lui parait préférable à tous les colifichets du monde. A son tour, il dirait volontiers, comme Pascal, dont le caractère offre tanl de ressemblance avec le sien : « Tous les corps, le firmament, les étoiles, la terre e^ les royaumes, et tous les esprits ensemble, et toutes leurs productions, ne valent point le moindre mouvement de charité ; car elle est d'un ordre infiniment plus élevé*. » C'est chose admirable que de voir le peu d'effet que produisait ce qui éblouit le vulgaire sur ce> fortes intelligences toutes pénétrées des grandeurs de l'ordre moral ! Non pas «jue Tertullien se pose en adversaire de l'industrie humaine ou de l'art en général : un tel artiste ne pouvait rester insensible à ces manifestations de l'esprit. 11 y a bien dans ce traité comme ailleurs quelques phrases trop tiilléeN