De Oral, xx ; de Pudicit., \. w
LA REHABILITATION CHRETIENNE. 7
regret du repentir, et s'élève contre les païens qui regrettaient d'avoir fait le bien quand ils n'en retiraient aucun profit, et ne se souciaient guère de se repentir du mal qu'ils avaient pu commettre. Faut-il s'en étonner ? « Ces hommes, dit le moraliste africain dans son langage toujours imagé, ces hommes traversent le détroit de la vie sans le gouvernail de la rais(>n; voilà pourquoi ils ne savent pas éviter la tempête qui gronde sur le siècle * ? » Une telle conduite est la négation même de la vraie pénitence, laquelle ne s'applique qu'aux péchés : de cette manière on se repent mal à propos, et Ton néglige de se repentir quand il le faudrait. Quel est donc le commencement d'une conversion sincère? C'est la crainte de Dieu juge suprême de nos actions. Quiconque crainl. le Seigneur se repent de l'avoir offensé, et promet de s'amender à l'avenir; « car, dit Tertullien, sans cette crainte il n'y a pas de réforme morale, et sans réforme morale toute pénitence est vaine". » Mais ce repentir d'avoir offensé Dieu peut-il être sans douleur? « Non, répond le prêtre de Garthage, le pécheur doit pleurer ses fautes pour en obtenir le pardon ^ >> Et enfin, pour être complète, la pénitence a besoin de se traduire dans des actes extérieurs, car Dieu ne se contente pas de l'hommage du cœur et de l'esprit ''. Ainsi la conscience qu'a le pécheur de sa culpabilité et la douleur qu'il en ressent devant Dieu, la résolution qu'il prend de réformer sa conduite, et un ensemble d'actes manifestant au dehors le changement survenu dans l'àme, tels sont, d'après Tertullien, les éléments constitutifs de la pénitence. Envisagée de la sorte;