De Virg. vel., i
2. « Quœ est Puraclfti adiuinistralio nisi liœc, quod discipliua dirigitur, quod scripturae rcvelautur, quod intelleetus reformatur, qnod ad melioia pioficitur? » {De Virg. vel., i.)
cipes qu'il proclamait ailleurs. Il demande à des prophéties ou à des révélations particulières ce que l'Éi^lise, assistée de l'Esprit-Saint, a pour mission d'enseigner aux hommes. Il transporte à quelques individus sans caractère ni pouvoir la l'onction dévolue au corps des pasteurs. L'Esprit-Saint est l'unique maître que le Christ ait laissé à son Église : fort bien ; mais par qui parle-t-il ? là est toute la question ; cette ({uestion, l'Évangile la tranche sans réplique. L'Esprit-Saint parle par la bouche des apôtres et de leurs successeurs ; car c'est à eux qu'il a été dit : Le Paraclet vous enseignera toute vérité, — allez et instruisez toutes les nations; je serai avec vous jusqu'à la consommation des siècles \ L'Esprit-Saint parle par l'organe du pasteur suprême auquel le Christ a confié la charge de paître son troupeau ; il parle par l'organe des évêques établis, selon saint Paul, pour gouverner l'Église de Dieu ^. Voilà ceux que l'Esprit-Saint dirige dans leur mission d'interpréter les Écritures, de réformer les mœurs, de régler la discipline, de faire progresser les intelligences dans l'étude de la vérité et les âmes dans la pratique du bien. En préférant l'inspiration particulière à l'enseignement des pasteurs, Tertullien déplace le sujet de l'autorité doctrinale, et porte une grave atteinte à la constitution de l'Église. Sans doute, cette théorie, qui fait le fond du montanisme, n'est encore qu'indécise et vague dans le traité sur les Voiles des vierges; mais quand le prêtre de Carthage affirmera plus tard que Montan et ses prophétesses sont le véritable organe du Paraclet, nous nous rappellerons les principes qu'il avait posés précédemment.