S. Jean, xxi, 15 et suiv.; Actes des Apôtres, xx
Vous voyez, Messieurs, qnt' cet opuscule n'est pas saus importance, à cause du système montaniste qui s'y dessine dans ses premiers linéaments, Par lui-même, je le répète, le débat n'avait pas une haute portée. Des vierj^es cliréiiennes devaient-elles paraître dans l'assemblée des fidèles la tête voilée ou non ? Là-dessus il y avait partage dans la discipline du temps. Parmi les Églises fondées par les apôtres ou par leur? disciples, les unes tenaient pour le voile, les autres suivaient une pratique différente ^ Dès lors il devenait diiticile de trancher la question par l'argument d'autorité. Restait donc à examiner laquelle des deux coutumes est le plus conforme soit aux textes de l'Écriture, soit à la nature même des choses. C'est, en effet, sur ce terrain que TertuUien va se placer. Mais, pour détendre son sentiment, il n'avait nul besoin de médire de la coutume en général, ni d'avancer des propositions que personne ne contestait, ou qui pouvaient présenter un sens équivoque, telles que celles-ci : « Notre-Seigneur s'est appelé la vérité et non la coutume. — C'est moins la nouveauté que la vérité qui condamne les hérésies ^. » Nul doute que les hérésies ne soient contraires à la vérité, mais la nouveauté en est à coup sûr l'un des caractères les plus fi'appants : l'auteur du traité des Prescriptions saura ledémontrer avec une puissance de logique que nul n'a surpassée. On sent que TertuUien n'est plus maître de lui-même ; l'irritation le gagne et enlève à son jugement la j-ectitude qui lui est naturelle. Blessé de n'avoir pas rencontré un accueil favorable pour un premier ouvrage composé en grec sur la même matière, il redouble de violence à d('taui de nouvelles raisons.