‹ TertullienChapitre 47 sur 237 · Ibiff., I · texte numérisé non relu

Ibiff., I

Comment se méprendre sur les sentiments de colère qui l'animent, quand on l'entend qualifier de la sorte l'opinion de ses adversaires sur un point de discipline presque insignifiant :

« Toute vierge sage qui se montre en public subit une sorte de prostitution. Et encore, souffrir violence dans sa chair, c'est une moindre peine ; car on peut y voir le fait de la nature. Mais quand l'esprit lui-même est violé dans la vierge, la disparition du voile lui apprend à perdre ce qu'il protégeait. 0 mains sacrilèges qui ont pu arracher un vêtement consacré à Dieu ! Qu'aurait fait de pire un persécuteur, s'il avait su que tel est le bon plaisir de la vierge ? Depuis que vous avez découvert la tête de cette jeune fille, elle n'est plus vierge tout entière à ses propres yeux ; elle est devenue différente d'elle-même. Lève-toi donc, ô vérité, lève-toi ! trop longtemps tu as eu patience ; il faut rompre avec la coutume ; je ne veux plus que tu en défendes aucune ; car déjà celle à l'ombre de laquelle tu jouissais de tes droits est effacée. Fais voir que c'est toi qui voiles les vierges. Interprète toi-même tes Écritures, que la coutume ne connaît pas ; car, si elle les connaissait, elle n'eût jamais existé*. »

Il s'agissait donc, pourTertullien, d'opposer la vérité à la coutume, le droit au fait. Pour triompher d'un usage invétéré, il fallait démontrer que le texte où sahit Paul ordonne aux femmes de se voiler dans l'assemblée des fidèles doit s'entendre également des vierges. Le moraliste africain fait des efforts d'esprit vraiment incroyables dans le but d^établir cette thèse. Il discute l'un après l'autre les divers textes d'Écriture oii le mot mulier, employé par l'apôtre, désigne une vierge : l'endroit de la Genèse dans lequel ce nom est donné

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