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on rencontre au plus haut cieyré cette alliance d(; la grâce avec la force. Un rapprociienient dans le ijenre de celui que je vais t'Iahlir pourra vous sembler étranj^^e; mais les passaj^es de Trrliiilicii et df saint Anibroise sur les fiançailles de la vierjie chrétienne avec le Christ l'excuseront à vos yeux. Remplacez la virginité par-une autre vertu, et vous avez la magnifique allégorie de Dante sur le mariage de saint François d'Assise avec la pauvreté. Lui, le chantre de l'enler, le poète aux couleurs sombres et eflfrayantes, sait faire succéder aux scènes les plus lugubres des peintures d'une fraîcheur el d'une pureté religieuses. S'agit-il de retracer le cahne el les joies sereines de la béatitude, ce crayon si ferme et si énergique, qu'on ne dirait propre qu'à décrire le royaume ténébreux, trouve des lignes et des contours qui désespèrent l'imitation. Rien ne révèle mieux la supériorité du grand artiste que cette merveilleuse flexibilité avec laquelle il passe du terrible au doux. Quel accent de dévotion tendre et naïve dans ce récit dramatique qui sert de pendant aux fiançailles décrites par Tertullien et par saint Ambroise !
« Entre Tupino et .la rivière qui s'écoule de la collitie choisie par le bienheureux Ubaldo, descend d'une haute montagne une côte fertile, à l'endroit d'où Pérouse reçoit hfroid et le chaud par la porte du soleil, et sur l'autre revers, pleurent sous un joug pesant, Nocera et Gualdo. Au point où cette côte adoucit sa pente naquit au monde un soleil, comme celui-ci sort du Gange. Et que ceux qui veulent parler de ce lieu ne l'appellent point Assise, car ce nom ne dirait pas assez, mais il faudrait l'appeler Orient. Il n'était pas encore très ^oin de son lever, lorsqu'il commença de faire sentir à la terre quelques bienfaits de sa grande vertu ; car tout jeune, il résista à son père pour l'amour de cette femme, à laquelle,
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comme à la mort, nul n'ouvre la porte avec plaisir. Et devant sa cour spirituelle, et coram pâtre, il s'unit à elle, et puis de jour en jour il l'aima plus vivement. Elle, veuve de son premier mari pendant plus de mille et cent ans et plus, délaissée et obscure, avait attendu jusqu'à celui-ci sans être recherchée de personne. Il ne lui servit de rien qu'on eût dit d'elle, que celui qui avait t'ait trembler le monde au son de sa voix, l'avait trouvée sans peur avec Amyclas. Et il ne lui servit de rien d'avoir été si fidèle et si hardie, que lorsque Marie resta au pied de la croix, elle y monta avec le Christ. Mais afin que je ne continue pas avec trop de mystère, François et la pauvreté sont les deux amants qu'il faut reconnaître dans mes paroles diffuses. Leur concorde et leurs joyeux visages, leur amour, leur admiration et leurs doux regards étaient la cause de saintes pensées... Quand il plut à celui qui l'avait choisi pour un si grand bien de l'appeler à la récompense dont il s'était rendu digne par son humilité, il recommanda à ses frères, comme à ses héritiers légitimes, la femme qu'il avait tant chérie, et leur ordonna de T aimer fidèlement. Et son àme sainte voulut se détacher du seiu de la pauvreté pour revenir dans son royaume, et elle ne demanda pas d'autre bière pour son corps \ »
Cette allégorie est le sublime delà poésie mystique. Dante, qui excelle à peindre les nuances les plus délicates du sentiment, n'a rien écrit d'aussi chastement lyrique que cet épithalame de saint François d'Assise et de la pauvreté. Si nous repassons maintenant de la poésie à l'éloquence, nous rencontrerons cette union de la grâce avec la force chez l'écrivain des temps modernes qui s'est le plus inspiré de Tertullien :