P* aux Corinth.. vu
Tertullien, une chose simplement permise n'est pas un bien ; c'est un mal d'une espèce inférieure, genus maii inferions ; on ne doit pas, dit-il, user de la permission, parce qu'une volonté permissive n'est pas réelle. Voilà dé pures subtilités qui, au fond, cachent une erreur grave. L'écrivain montaniste confond la permission avec la tolérance. On ne doit permettre que le bien, tandis qu'on peut, en certains cas, tolérer le mal ; or, les secondes noces ne sont pas seulement tolérées, mais permises; elles ne sauraient donc être appelées un mal, quoiqu'un mariage unique leur soit préférable.
Passons maintenant à des arguments plus sérieux. Pour combattre la réitération du mariage, Tertullien fait apparaître les deux grands types de l'union conjugale, l'un naturel, Adam; l'autre surnaturel, Jésus-Christ. Adam a été le mari d'une seule femme, et Jésus-Christ ne s'est uni qu'à une Église. Voilà l'argument qu'il retourne sous toutes les formes, pour établir que l'exemple des deux prototypes du genre humain créé et régénéré limite les mariages à un seuP. De toutes les raisons qu'il allègue, celle-là est, sans contredit, la plus spécieuse. Néanmoins, en y regardant de près, on n'a pas de peine à se convaincre qu'elle n'a de valeur que contre la polygamie simultanée. Tout ce qu'on peut en déduire, c'est que l'institution primitive du mariage et la discipline chrétienne restreignent l'alliance conjugale à l'union d'un seul homme avec une seule femme : Eriint duo in carne una. Mais la mort, en rendant à l'un des époux son entière liberté, lui permet de contracter de nouveaux liens, sans que la loi fondamentale de l'unité se trouve violée par un deuxième mariage qui reproduit exactement les conditions du premier. C'est ce