Ibid.: de Exhort. cast. ii
SUR LES SECONDES ^OCES. lU
ne le fait Tertullien dans ce magnifique éloge du libre arbitre : « Il n'appartient pas à une foi véritable et solide de rapporter ainsi toutes choses à la volonté de Dieu, et de chercher à se flatter, en disant que rien n'arrive sans l'ordre de la Providence, comme si nous ignorions qu'il y a également une détermination en nous. Du reste, l'on excuserait toutes les fautes, si l'on s'imaginait que rien ne s'accomplit en nous sans la volonté de Dieu. Cette prétention n'irait à rien moins qu'à la destruction de la loi tout entière, et de Dieu lui-même, s'il était vrai qu'il produisît par sa propre volonté ce qu'il ne veut pas, ou qu'il voulût indistinctement toute chose. Lorsqu'il défend certains actes, sous la menace d'un supplice éternel, c'est une preuve évidente qu'il ne veut pas ce qu'il défend, parce que cela l'offense. De même aussi, ce qu'il veut, il l'ordonne, il l'agrée, il le récompense par le salaire de l'éternité. Mais si nous savons par ses préceptes ce qu'il veut et ce qu'il ne veut pas, nous n'en conservons pas moins notre volonté et la liberté de choisir l'un ou l'autre, selon qu'il est écrit : Voilà que j'ai placé devant vous le bien et le mal; vous avez goûté, en effet, à l'arbre de la science. Gonséquemment, nous ne devons pas mettre sur le compte de la volonté de Dieu ce qui est laissé à notre libre détermination, puisque celui qui ne veut pas le mal nous a donné la liberté de le faire. Il en résulte que nous usons de notre volonté propre, quand nous voulons le mal contre la volonté de Dieu, qui veut le bien. D'où provient donc, me demanderez-vous, cette volonté en vertu de laquelle nous voulons quelque chose contre la volonté de Dieu? De nous-mêmes, vous répondrai -je, et avec fondement : ne faut-il pas que nous ressemblions à la semence d'où nous sortons*? »