‹ TertullienChapitre 59 sur 237 · DeExhort. cast, ii · texte numérisé non relu

DeExhort. cast, ii

U9 COTHOVKKSE

Tertullien pari de là pour montrer qu'Adam, le chef de la race humaine, ne s'est déterminé au mal que par un libre choix de sa volonté, sans nécessité intérieure ni contrainte du dehors. Assurément, il eût été difficile de t'orniulcr en termes plus éner{îiques la doctrine du libre arbitre : cette page si remarqual)le est une réfutation anticipée des jansénistes et des (juiétistes. On reconnaît là le coup d'œil psychologique de cette école africaine dont saint Augustin résumera les idées dans sa controverse avec les pélagiens. Mais alors pourquoi dire que la femme ([ui se remarie après la mort de son époux agit contre la volonté de Dieu, puisqu'elle se borne à profiter d'une liberté qui lui est rendue? Le fond de l'erreur, c'est (lue TertuUien, devenu montaniste, n'a plus une idée exacte du mariage, qu'il considère unicjuement comme remède contre la concupiscence. Une appréciation si étroite et si exclusive lui fait oublier que cette institution divine a des tins bien autrement élevées. Sans doute, l'apôtre saint Paul avait également indiqué ce motif qui dérive de la chute originelle, mais en ajoutant que le mariage est un grand sacrement, dont le type surnatui'el se trouve dans l'union du Fils de Dieu avec TÉglise. La propagation du règne de Dieu sur la terre, par l'accroissement du nombre de ceux qui doivent gloritier le Seigneur et avoir part à ses promesses, voilà le but suprême d'une alliance que l'écrivain montaniste a le tort de n'envisager que par son côté extérieur et charnel. Et pourtant vous vous rappelez les pages éloquentes qu'il écrivait naguère sur l'union spirituelle des époux, sur la dignité et l'excellence du mariage chrétien. A présent, l'état conjugal ne trouve plus grâce devant lui que parce que l'incontinence est quelque chose de pire'. S'il ne reculait pas devant des

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