COM'ROVERSK
qui ottVent le sacrifice. Au fond, Terliillirn ne dit pas autre chose, mais il parle si durement qu'on pourrait sans peine abuser de ses expressions. Aussi les protestants n'ont-ils pas manqué de faire valoir ce passage contre la hiérarchie catholique *. Libre à eux. de forcer le sens de quelques paroles échappées à un écrivain en colère: quant à nous, il nous suffit d'opposer Tertullien à lui-même, et de rappeler avec quelle netteté il distingue, dans son traité da Baptême, les évêques, les prêtres et les diacres, en exhortant les laïques à ne point usurper des pouvoirs qui n'appartiennent qu'au clergé ^.
Toutefois, Messieurs, je suis heureux de pouvoir ajouter qu'au milieu de cette argumentation sophistique et passionnée, il y a des traits qui méritent l'attention. En général, on ne saurait méconnaître l'esprit religieux ni la couleur morale de ces deux pièces. Tertullien veut sauvegarder la dignité des mœurs, et assurer à l'àme la souveraineté sur le corps. Intention fort louable, sans doute, mais qui ne doit pas être poussée jusqu'à la négation du droit et de la liberté. Si le moraliste africain s'était borné à soutenir que la réitération du mariage, sans des motifs graves, porte avec elle un caractère d'imperfection ; qu'en Tabsence d'une nécessité manifeste, l^union conjugale, si haute, si intime, ne se concilie pas facilement avec l'idée d'un nouvel engagement succédant au premier; et que la mort elle-même ne semblerait pas devoir éteindre une affection destinée à lui survivre, il n'aurait fait qu'exprimer un sentiment dont la conscience chrétienne a toujours reconnu la délicatesse et la vérité.