‹ TertullienChapitre 65 sur 237 · VINGT-CINQUIEME LEÇON · texte numérisé non relu

VINGT-CINQUIEME LEÇON

Comment Tertullien prétend concilier son adhésion aux doctrine? de Montan avec son désir de demem^er fidèle à l'orthodoxie. — 11 veut rester dans l'Église malgré l'Église, comme les jansénistes au dixhuitième siècle. — Violence avec laquelle il se retourne contre le Souverain Pontife. — 11 exagère les sévérités du régime pénitentiaire. — Livre de la Piidicité. — Péchés irrémissibles. — Fluctuation des sentiments de Tertullien sur ce sujet. — Tantôt il refuse à l'Église le pouvoir de remettre certaines fautes plus graves; — tantôt il prétend que l'Église, tout en possédant ce pouvoir, doit s'abstenir d'en user; tantôt il restreint ce pouvoir à l'Église des pneumatiques. — Traité du Jeûne, contre les psychiques. — Ascétisme outré des moutanistes. — Les sectaires veulent imposer de nouveaux jeûnes de leur propre autorité. — Importance de ce traité pour l'histoire de la discipline chrétienne touchant le jeune et l'abstinence.

Messieurs,

Nous avons vu, la dernière fois, quelle fausse direction le montanisrae avait imprimée aux idées de Tertullien sur la question du mariage. En s'écartant peu à peu, sous cette fatale influence, des principes qu'il développait naguère avec une force si entraînante, l'austère moraliste en était venu à méconnaître le véritable caractère de la société domestique et de l'union conjugale, qui en est le fondement. Dominé par un spiritualisme exclusif et préoccupé de la fin du monde, qu'il croit imminente, il ne se borne pas à réprouver les secondes noces à l'égal de l'adultère, mais la fougue de son

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