De Mimog., ii
an CONTROVERSE
contradiction manifeste. Voici comment il essaie de se justifier :
« Ce nouveau traité contre les psychiques, et contre le sentiment que je partageais avec eux dans le temps, va sans doute leur fournir une nouvelle raison pour m'accuserde légèreté. Jamais la répudiation d'une société n'est une présomption de faute. Gomme s'il n'était pas plus facile d'errer avec la foule, quand c'est la vérité que l'on aime avec le petit nombre. Mais une inconstance utile ne me déshonorera pas plus que ne me ferait honneur une légèreté nuisible. Je ne rougis pas d'une erreur à laquelle j'ai renoncé, parce que je me réjouis d'y avoir renoncé, et que je me trouve meilleur et plus chaste. Personne n"a honte d'avoir progressé. La science dans le Christ a aussi ses périodes, par lesquelles l'apôtre avait également passé. Lorsque j'étais enfant, dit Paul, je parlais comme un enfant, et je raisonnais comme un enfant. Mais, depuis que j*ai atteint l'âge viril, je me suis dégagé de tout ce qui tenait à l'enfance'. »
Ces paroles sont tristes, Messieurs, parce qu'elles ne permettent aucun doute sur la chute de Tertullien. Je vous l'avoue franchement, j'avais abordé l'étude de ses ouvrages avec l'espoir d'y trouver quelques motifs pour atténuer la sévérité du jugement qu'on a porté sur sa mémoire. Ce n'est pas que j'estime beaucoup ces réhabilitations tardives, si fort à la mode de nos jours, et qui prétendent réformer l'opinion générale, en essayant de casser une sentence prononcée depuis de longs siècles. Nul doute qu'on ne puisse citer dans l'histoire des causes qui n'ont pas été suffisamment instruites, mais quand la postérité s'accorde avec les contemporains pour