‹ TertullienChapitre 69 sur 237 · Voyez leçon lia, p · texte numérisé non relu

Voyez leçon lia, p

2. « Invidia et contumeliis clericorum Ecclesiœ l'omauae, ad Montani (logma de lapsus est. » (Catalogue script, eccles.)

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Venons à présent au fond de la controverse. Un point capital de la doctrine catholique, c'est que le pouvoir des clefs, confié par Jésus-Christ aux apôtres et à leurs successeurs, s'étend indistinclement à tous les péchés, en ce sens qu'une pénitence sincère, accomplie dans les conditions prescrites, obtient à la fois le pardon de Dieu et la réconciliation avec l'assemblée des iidèles. C'est contre ce principe que venaient se heurter Tertullien et les montanistes. Il est vrai qu'en voulant serrer de près la question, on éprouve quelque difficulté à saisir le point net et précis dans ce grave débat. Comme il arrive d'ordinaire à des gens qui n'ont plus de règle certaine, les sectaires pressés d'un côté se rejetaient vers l'autre, et abandonnaient leur première position pour en adopter une nouvelle. L'Église a-t-elle ou non le pouvoir de remettre certains péchés plus graves? Ou bien, tout en possédant c pouvoir doit-elle s'abstenir d'en user '? Ou, enfin, ce pouvoir se restreint-il à l'Église des hommes spirituels ou des pneumatiques, à l'exclusion de l'Église constituée par la succession épiscopale? Il y a dans Tertullien des textes qui semblent autoriser ces différentes versions. Ce manque de netteté n'a rien d'étonnant chez un homme qui a déserté la voie de l'autorité pour suivre tour à tour les caprices de l'imagination et les mouvements de la colère. Essayons néanmoins de saisir ce qu'il y a de certain et de bien établi au milieu des fluctuations d'un esprit dont il est presque impossible de fixer la mobilité.

L'auteur du livre de la Piidicité commence par distribuer les péchés en deux classes : les uns peuvent être remis, les autres sont irrémissibles. Dans la première catégorie il place les sentiments de colère, d'orgueil, de jalouaie, l'assistance aux jeux du cirque, aux combats de gladiateurs, aux repré-

sentations du théâtre, etc. ; dans la seconde il range l'homicide, l'apostasie ou l'idolâtrie, l'adultère et la fornication \ Voilà qui parait clair et dégagé de tout nuage. Mais, disaient les adversaires de Tertullien, s'il y a des péchés irrémissibles, à quoi bon s'en repentir? Là, où il n'y a pas de pardon à espérer, la pénitence devient vaine et stérile. Un instant, répond le prêtre de Carthage, les péchés dont je parle ne sauraient être remis par l'Église, mais Dieu peut les pardonner. Première distinction qu'il importe de ne pas perdre de vue, pour déterminer exactement l'état de la question :

« Ils ont raison, dit-il, de nous opposer cette objection, puisqu'ils ont usurpé le pouvoir d'assurer à cette pénitence son fruit, c'est-à-dire le pardon. Mais autant la pénitence reste stérile chez eux, puisqu'elle n'y obtient qu'une réconciliation humaine, autant sera-t-elie profitable parmi nous, qui nous souvenons que Dieu seul remet les péchés, partant les péchés mortels. En etîet, renvoyée au Seigneur et dès lors prosternée devant lui, elle méritera d'autant mieux son pardon qu'elle le demande à Dieu seul ; qu'elle regarde la paix accordée par les hommes comme insutfisante pour son péché ; qu'elle préfère rougir devant l'Église que d'être en communion avec elle. Voyez ! elle se tient debout à la porte, elle sert d'avertissement aux autres par l'exemple de son humiliation, elle appelle à son secours les larmes de ses frères, et s'en retourne plus riche par cette compassion que par la communion qui lui aurait été rendue. Si elle ne moissonne pas la paix ici-bas, elle la sème auprès du Seigneur. Loin de perdre sa récolte, elle la prépare. Elle ne renonce pas aux avantages, pourvu qu'elle ne renonce pas aux exercices. Non,

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