‹ TertullienChapitre 70 sur 237 · De Pudicitia; a, vu, xîx · texte numérisé non relu

De Pudicitia; a, vu, xîx

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une pénitence de ce genre ne saurait être vaine, et une discipline ainsi comprise n'est pas dure. Toutes deux honorent le Seigneur : celle-là, en ne se flattant pas, obtiendra plus facilement; celle-ci sera d'un secours plus efficace en ne présumant de rien \ »

Ce passage répand de vives lumières sur le sentiment de l'écrivain montaniste. Malgré son rigorisme, Tertullien ne va pas jusqu'à fermer entièrement au pécheur la porte du pardon ; il la laisse enlr'ouverte, en réservant au désespoir une faible issue. Il est toujours permis, dit-il, d'espérer en Dieu un pardon qu'on ne saurait obtenir des hommes ; par conséquent, la pénitence n'est jamais inutile. On pourrait, à la vérité, citer d'autres endroits où l'austère moraliste semble vouloir enlever au coupable cette dernière ressource, lorsqu'il prétend, par exemple, que Jésus-Christ n'intercède pas auprès de son père pour ceux qui ont commis certaines fautes graves ^. Mais, quand je trouve dans un auteur deux opinions contradictoires, j'aime mieux lui attribuer la moins erronée, et expliquer l'autre par l'entrainement du discours, surtout quand la première s'accorde davantage avec l'ensemble des idées. Il me parait donc à peu près certain que Tertullien ne regardait aucun péché comme irrémissible devant Dieu; de plus, il accordait à l'Église le droit de remettre certaines fautes moins graves qu'il rangeait dans une première catégorie; mais il excluait formellement du pouvoir des clefs l'homicide, ndolàtrie et les péchés d'impureté. Selon lui, l'Église devait retrancher impitoyablement de son sein tous ceux qui s'étaient rendus coupables d'un de ces crimes, et leur inter-

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