‹ TertullienChapitre 78 sur 237 · De Pallio, i · texte numérisé non relu

De Pallio, i

UNE FAiNTAlSIK D'ARTISTE. lai

Celte page indique assez que nous sommes en présence d'un de ces exercices de rhétorique auxquels se plaisait si fort le goH de l'époque. Rien ne ressemble mieux au plaidoyer de Tertullien, pour le ton et pour la forme, que VApologie d'Apulée. C'est en comparant ces deux pièces, écrites à peu de distance l'une de l'autre, qu'on saisit bien le caractère de cette éloquence déclamatoire qui prévalait en Afrique. Même emphase de part et d'autre, pour donner de l'importance à des sujets presque insignifiants. A propos d'accusations qui ne mériteraient pas la peine d'être relevées, le rhéteur de Madaure avait fait un pompeux éloge de la poudre dentifrice et du miroir. Supériorité du miroir sur la peinture et sur la statuaire, quant à la reproduction de la figure humaine ; uti^ lité du miroir pour l'orateur qui vise au parfait accord de la parole et du geste, pour le physicien qui veut étudier la l'étlexion des rayons de lumière, rien ne manque à Ténumération : cest un panégyrique complet, et cela, parce qu'on avait reproché à Apulée de posséder un miroir. Tertullien fei'a de même à l'occasion du manteau qui offusquait les Carthaginois. Il remontera, s'il le faut, jusqu'à l'origine du monde, il parcourra dans tous les sens la nature et l'histoire, pour démontrer qu'il n'a pas eu tort d'échanger la toge con ite un autre vêtement.

Et d'abord, qui pourrait trouver mauvais qu'un homme renonce à un costume pour en adopter un autre ? Est-ce que la face du monde ne se modifie pas tous les jours ? Le travail habituel de la nature ne consiste-t-il pas à changer de vêteiuent? Certes, on ne saurait prendre les choses de plus haut; et si l'importance du sujet répondait à la solennité du ton, la critique se trouverait désarmée. Toujours est-il qu'en voulant agrandir le débat, l'auteur fait quelques descriptions

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