‹ TertullienChapitre 8 sur 237 · LA RÉHABILITATION CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

LA RÉHABILITATION CHRÉTIENNE

Christs, l'un pour ceux qui sont baptisés, et l'autre pour les auditeurs*. Tous ont la même foi, la même espérance, la même crainte des jugements divins; et par conséquent la pénitence leur est nécessaire à chacun ^. » C'est avec cette énergie et cette justesse que le théologien du deuxième siècle interprète la doctrine catholique, qui, tout en affirmant que les sacrements opèrent en vertu de l'institution divine, exige chez les adultes des dispositions morales sans lesquelles ces rites sacrés n'obtiennent pas leur effet.

Jusqu'ici Tertullien n'avait parlé que de la pénitence qui précède le baptême comme préparation à la renaissance spirituelle; maintenant il passe à la deuxième partie de la discipline pénitentiaire, à celle qui regarde les fidèles auxquels le sacrement de la régénération a déjà ouvert les portes de l'Église. Ici, le ton du discours s'élève, et l'on sent, à la solennité du langage, toute l'importance que l'orateur attache à ce grave sujet. Avant d'entrer en matière, le prêtre de Carthage s'interrompt pour jeter vers le Sauveur un cri ce l'àme, et le prier daccorder à ses serviteurs Tintelligence de ces grandes choses. Il hésite à rappeler qu'il reste une ressource au pécheur après le baptême, de crainte d'encourager au mal ceux qui, connaissant le remède, pourraient en abuser pour pécher plus librement. Cette délicatesse du sens moral est admirable et montre à quel point l'àme de Tertullien se révoltait à l'idée d'une transgression quelconque de la loi divine.

1. Sous ce nom d'auditeurs, Tertullien désigne les catécliumènes, dont le noviciat se passait à écouter la doctrine chrétienne qu'on leur enseignait. A partir du quatrième siècle, nous trouvons cette dénomination plus spécialement appliquée à la deuxième classe des pénitents déjà baptisés, qui assistaient à la lecture des livres saints avant l'oblation du sacrifice, dont ils étaient exclus.

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