‹ TertullienChapitre 83 sur 237 · ET LE LIBRE EXAMEN · texte numérisé non relu

ET LE LIBRE EXAMEN

loin d'ètrtî uik; habilelt', un tel silence aurait équivalu à l'aven d'une défaite. Il y a plus. Messieurs: le principe fondamental du montanisme est nié dans le cours du livre. Ce principe, nous l'avons vu, consistait à dire que l'Esprit-Saint ou le Paraclet révèle à l^Église dans la suite des temps, par l'organe de nouveaux, prophètes, des vérités inconnues aux apôtres eux-mêmes, ou du moins des vérités que ceux-ci n'avaient point promulguées. L'auteur des Prescriptions soutient au contraire, et avec raison, que la révélation faite aux apôtres a été complète, et que ces derniers ont transmis à leurs successeurs renseignement du Christ dans sa totalité^ Un écrivain montaniste n'aurait pas donné si facilement gain de cause à ses adversaires, sans se ménager à tout le moins quelque échappatoire au moyen d'une distinction plus ou moins subtile. Ce qui fortifie cette considération, c'est que Tertullien ne cherche nullement à dissimuler son montanisme dans ses autres ouvrages dirigés contre les hérétiques, lors même que son sujet ne lui fournit aucun prétexte à des Ouvertures de ce genre. Ici, au contraire, où l'intérêt de la secte exigeait impérieusement des réserves nécessaires, il développe des arguments qui frappent en plein le système des novateurs : preuve évidente qu'à l'époque où il composait le traité des Prescriptions i il n'avait encore aucune relation avec cette poignée de fanatiques. C'est ce qui m'oblige à jDlacer la rédaction de ce chef-d'œuvre dans les dernières années du deuxième siècle, vers le temps où paraissait V Apologétique, dans lequel d'ailleurs l'auteur fait allusion à l'argument de prescription, dont il semble déjà se préoccuper ^.

Page 1