Duruy, Hist. des Rom.. VI, p. i8g et s
5. VAd Ma7-t., selon Aube, Hist. des Pers., III, p. 84, serait d'une année antérieur à l'Apol.; Noeldechen, op. cit., p. 29, la place au début de l'été de 197 : il se réfère en tous cas à la même crise que VApol.
6. Ad. Scap., 4 : Nam et nunc a praeside legionis et a praeside Mauritaniae vexatur hoc nomen, sed gladio tenus, siciit a primordio mandatinn est animadverti in huiusmodi.
7. Spartien, Sev. 17 : In itinere Palcstinis plurima iura fundavit, ludaeos fieri sub gravi poena vetuit. Idem etiam de Christianis sanxit.
doute, un tel témoignage n'est pas lui-même d'un poids très lourd'; il n'est pas confirmé ni par Dion Cassius ni par Hérodien; il ne l'est même pas par une tradition chrétienne constante : Eusèbe l'appuie ' indirectement et, avec lui, Sulpice Sévère, P. Orose et S. Augustin '; mais ni Lactance, ni Prudence ne font de Sévère un persécuteur ''. Selon quelques auteurs modernes, pourtant, la persécution de cet Empereur serait la première guerre ouvertement déclarée par l'État à l'Église, la première persécution « par édit y>\ Qui donc a raison et comment, au point de vue spécial de l'opinion de Tertullien, concilier la contradiction qu'il y a entre protester contre une persécution et soutenir qu'elle n'existe pas ^?
Avant tout, notons, puisqu'il s'agit de Sévère, que nous avons affaire à un homme violent, brutal au besoin, mais sans préjugés romains et nullement fanatique '. Qu'est-ce qui aurait donc pu le pousser contre le christianisme? Une raison politique, la crainte d'une extension trop grande de la foi chrétienne, le danger que les fidèles pouvaient faire courir à l'Empire par leurs abstentions multipliées, la force de leur communauté de plus en plus nombreuse et de mieux en mieux organisée. Soit, mais il n'était pas homme à s'alarmer sans cause. Le christianisme était-il, dès lors et dans le présent, si redoutable? Toutes les hypothèses qu'on peut construire en réponse à cette question sont sans fondement, car nous ne sommes pas fixés sur le nombre des chrétiens, ce qui serait indispensable'\ Ce que nous pouvons en tous cas affirmer — et cela suffit — c'est que si le christianisme constituait un réel danger pour l'Empire, Sévère ne l'a pas vu. Je n'en veux que les deux preuves suivantes : d'abord il a laissé l'Église s'organiser tout à son aise. Si nous en croyons Eusèbe, les Églises d'alors correspondent journellement entre elles, les évêques se concertent sur la question de la Pàque et se réunissent même en conciles sans que le gouverne-
1. Sur les polémiques soulevées par V Histoire Auguste, voir particul. : Peter, ap. Neue Jahrbilcher fiir Philologie iind Pedagogik, Bd. CXXIXctCXXX, 1884; Dessau, ap. Hermès, XXIV, 1889; la critique de Mommsen ap. Hermès, XXV, 1890, et la réplique de Dessau, ap. Hermès, XXVIII, 1892. — Sur Sparticn : Perino, De fontibiis vitarum Hadriani et S. Severi ab AE. Spartiano cotiscriptarwn, Frib. en Bris., 1880.
2. Eus.//. E., VI, !;//.£■., VI, 7. Il ne parle pas de l'édit signale par Spartien.
3. Sulp. Sévère, Chron., II, 32; P. Orose, Hist., VII, 17; August., De Civ. Dei,XVUl, 52.