‹ TertullienChapitre 105 sur 561 · Neumann, Der rom. St., p. 98 et notes · texte numérisé non relu

Neumann, Der rom. St., p. 98 et notes

8. J'ai signalé les difficultés de cette enquête plus haut, p. 47.

ment intervienne ' ; la liberté qu'il leur laisse dépasse même les limites de la tolérance de l'Etat moderne \ En second lieu, n'estce pas à l'époque de Sévère que l'Eglise, sous le couvert de la législation relative aux collèges funéraires, devient propriétaire? Elle a son cimetière à Rome même, il est très connu de la police et officiellement autorisé; il n'est guère possible d'en douter '. On peut répondre que cette tolérance de Sévère est involontaire, qu'elle est le résultat du désordre de l'Etat, qui permet à l'Église de s'affermir, depuis que la protection de Marcia sous Commode a écarté d'elle tout danger général. Sévère a eu trop à faire avec Niger et Albinus jusqu'en 197, puis avec les Parthes et l'Orient romain ensuite, pour s'occuper des chrétiens. Ceux-ci en profitent de telle sorte que l'Empereur lance, en 202, une ordonnance qui équivaut à un édit de persécution et est interprêtée dans ce sens.

Cet édit, nous ne le connaissons que par l'analyse vague que nous en donne Spartien. Cet écrivain nous apprend qu'en traversant la Palestine, Sévère établit plusieurs lois ; qu'entre autres mesures, il défendit sous des peines très graves de se faire juif et qu'il décida la même chose à l'égard des chrétiens. C'est là le principal texte que nous ayons pour affirmer l'existence de la persécution de Sévère et il est loin d'être clair. D'abord quelle est sa date? On hésite entre 200 et 202. A s'en tenir à Spartien tout seul, c'est 202 qu'il faudrait entendre, mais, si on remarque qu'en juin 202 le séjour de Sévère à Rome est attesté ^ et qu'il faut encore placer un voyage qu'il fait en Egypte entre son départ de Palestine et son retour à Rome, on admettra plutôt la date 200, proposée par plusieurs historiens '-" . La chose n'a d'ailleurs pas pour nous grande importance ; il est seulement utile de remarquer que l'édit est, dans tous les cas, postérieur à l'Apologétique et antérieur à VAd Scapiiîam. Son sens, au premier abord, paraît évident : Sévère défend de se faire juif et il défend de se faire chrétien sous les mêmes peines. C'est l'interprétation admise et elle est vraisemblable; cependant il ne serait peut-être pas impossible d'entendre : il défendit de se faire juif sous les peines les plus sévères et il porta les mêmes peines contre les chrétiens. C'est le sens que devraient adopter ceux qui voient dans l'édit la preuve d'une persécution générale, qu'il est impossible de deviner à travers l'interprétation usuelle. Sévère

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