Partie. Wirth et Neumaiin, Der rôm. St., p
interdit la propagande juive et chrétienne ; rien n'autorise à supposer qu'il prenne une mesure quelconque contre les juifs et les chrétiens déjà existant ; tout ce qu'on peut conclure de ce texte interprété traditionnellement, c'est que Sévère peut être inquiet du développement du christianisme, qu'il est sous la fâcheuse impression de quelque tentative juive puisqu'il semble avoir eu à réprimer des troubles en Judée en ig8, ' et qu'il prend des précautions pour arrêter une double propagande. Il est même possible que le nom de juif ait appelé dans sa pensée celui de chrétien et qu'il n'ait pas pris deux mesures spéciales, l'une contre les juifs, l'autre contre les chrétiens; leur parenté, encore très frappante pour les païens, suffirait à expliquer leur rapprochement dans le cas présent. Ce n'est qu'en éclairant par d'autres témoignages l'affirmation de Spartien que nous déterminerons sa portée. Est-elle donc confirmée ou infirmée par quelque autre document et les faits qui nous sont connus nous permettent-ils de voir comment les contemporains auraient compris et interprété les instructions de Sévère? Dans aucun autre document nous ne trouvons une directe et claire allusion à ce décret de 200 ; à peine, et avec la volonté de l'y voir, peut-on en découvrir comme un commentaire dans une Sentence de Paul : la peine de confiscation des biens et celle de la relégation dans une île seraient portées contre les citoyens romains qui se laisseraient circoncire selon le rite juif ou laisseraient circoncire leurs esclaves; la peine de mort contre les chirurgiens qui se chargeraient de l'opération ; celle de la déportation, ou même celle de mort, contre les Juifs qui se permettraient de circoncire des esclaves qui ne seraient pas de leur race \ Cette Sentence^ qui n'a trait qu'aux Juifs, n'a évidemment pour but que d'empêcher leur propagande, car d'autres textes nous prouvent que Sévère ne fut pas systématiquement malveillant à l'égard des Juifs; le Digeste nous le montre même faisant des concessions à leurs préjugés religieux pour leur permettre l'accès de certains honneurs ^ Pour ce qui est des clauses de l'édit relatives aux chrétiens, il est encore plus diflftcile d'arriver à en trouver trace parmi les œuvres des contemporains. Dion et Hérodien ne s'intéressent guère, en général, au christianisme, mais si pourtant l'autorité impériale avait cru à propos de