Wirth, op. cit., p. 3o
2. Paul, Sent., V, 22, 3-4 ; Cives Romani qui se iudaïco ritu, vol scrvos suo, circumcidi patiuntur, bonis adcmptis in insulam perpctuo relcgantur; medici capitc puniuntur. ludaei si alicnae nationis comparatos servos circumciderent, aut deportantur aut capitc puniuntur.
3. D/g-., L, 2, 2; cis qui iudaïcam superstitionem sequuntur D. Sevcrus et Antoninus honores adipisci permiserunt, sed et nécessitâtes eis ïmposuerunt, qui superstitionem eorum non laederent.
prendre contre ses fidèles une mesure d'ensemble, qui aurait certainement eu du retentissement dans TEmpire, et aurait même pu y causer quelques troubles, il est peu croyable qu'ils n'en aient parlé ni l'un ni l'autre. Leur silence est déjà une raison de croire à la portée restreinte de l'édit de Spartien. Ceux des écrivains chrétiens qui mentionnent la persécution de Sévère sont très postérieurs à son règne et, d'ailleurs, aucun n'a l'air de lui rapporter un ëdit contre l'Église. Le plus explicite de tous, Eusèbe, dit simplement que Sévère excita contre les fidèles une cruelle persécution ', qu'il n'y eut presque pas de ville qui ne comptât des martyrs, et qu'à Alexandrie l'épreuve fut si rude qu'on crut à l'approche de l'Antéchrist \ 11 ne précise pas l'origine et le sens de cette persécution; or, il semble que s'il eût connu un édit en marquant le point de départ, il l'eût dit et il n'est guère douteux qu'il l'eût connu s'il eût existé, si seulement la tradition chrétienne en eût gardé le souvenir. Sulpice Sévère se contente de numéroter la persécution et d'ajouter qu'elle coûta la vie au père d'Origène ^; Paul Orose n'est pas plus explicite "* et j'ai déjà dit que ni Lactance, ni Prudence, ne paraissent connaître les épreuves imposées à la foi sous Sévère. J'ajoute qu'aucun des Actes de Martyrs qu'on peut rapporter au règne de ce prince, ne mentionne un nouvel édit contre les chréjtiens. Un seul texte est capable de soulever des doutes : il est de jTertullien et il semble, au premier abord, capable de faire pencher 'dans le sens de l'interprétation la plus large de l'édit de Spartien. Tertullien dit à Scapula qu'il lui est possible d'accomplir son devoir de magistrat et de se souvenir de l'humanité : « On ne vous ordonne rien de plus, ajoute-t-il, que de faire condamner les coupables qui avouent et de faire remettre à la question ceux qui nient \ » A s'en tenir à cette seule phrase, on pourrait entendre comme un écho de ce qu'on nomme les rescrits de Trajan et de Marc-Aurèle; mais la suite prouve clairement qu'il ne s'agit que d'un appel au droit commun, puisque justement Tertullien reproche à Scapula ^ de ne pas s'y tenir à l'égard des chrétiens : ils avouent et il les fait torturer pour les forcer à nier. Toute l'obscurité vient de ce qu'après avoir fourni à Scapula divers exemples de magistrats
i.Eus., //.£., VI, I,