‹ TertullienChapitre 108 sur 561 · P. Orose. //f5f., VII · texte numérisé non relu

P. Orose. //f5f., VII

5. Ad. Scap., 4 : Potes et officio iurisdictionis tuae fungi et humanitatis meminisse.

6. Ad. Scap., 4, in fine : ...sed gladio tenus, sicut et a primodio mandatum est.

Il6 CHAPITRE III

qui se sont montrés cléments envers les fidèles, après lui avoir rappelé les traits louables en ce sens de Sévère et de Marc-Aurèle, notre auteur ajoute : « Et maintenant même, lepraeses de la légion et le praeses de Maurétanie persécutent notre nom, mais ils ii'iisent que du glaive^ ainsi qu'il a été au début ot^donné défaire. « Si on remarque que ÏAd Scapulam est postérieur de plusieurs années à redit signalé par Spartien, il semble que cette phrase doive s'interpréter de la manière suivante : Il y a en Afrique une persécution [générale puisque « le praeses de la légion », c'est-à-dire le gouver- Ineur militaire delà 'Numidie ' et le praeses de Maurétanie persécutent comme Scapula et elle a été suscitée par Tédit de Sévère "; si nous admettons le rapprochement entre le commentaire de Paul et cet édit et si nous supposons que la mesure était la même pour les chrétiens que pour les juifs, son application pouvait comporter la mort par le glaive. Mais cette interprétation offre de grandes difficultés, d'abord parce qu'elle suppose résolues plusieurs questions qui ne le sont pas, à savoir : la véritable attribution du commentaire de Paul, l'identité des mesures prises contre les chrétiens et des mesures prises contre les juifs par Sévère; en second lieu parce qu'elle n'éclaircit pas un point obscur : que veulent dire les mots praeses Mauritaniae} Il y avait alors deux provinces de Maurétanie, la Césaréenne et la Tingitane, toutes deux gouvernées par des procuratores impériaux ^ ; laquelle des deux Tertullien veut-il désigner? Une seule interprétation me paraît possible; il faut entendre : le praeses de la Maurétanie dans laquelle on persécute, ce qui suppose nécessairement qu'on ne persécutait pas dans l'autre. Tertullien n'avait pas à apprendre à Scapula quelle était celle où les chrétiens avaient à pâtir et il est très naturel qu'il ait employé cette tournure, mais il faut, pour qu'elle s'explique, que la persécution n'ait pas été générale, même en Afrique. Mieux vaut, plutôt que de prolonger ces suppositions, avouer que les textes ne se suffisent pas à eux-mêmes et chercher ce que les faits que nous pouvons saisir nous apprennent sur l'attitude réelle de Sévère vis-à-vis de l'Église,

En laissant de côté le témoignage de Tertullien relatif à la protection que Sévère aurait étendue sur des chrétiens de haute naissance ', peut-être vers 197, il semble certain que cet Empereur n'a

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