Ad Scap
pas persécuté durant les premières années de son principat '. La preuve en est dans la tranquillité avec laquelle les évêques se réunissent et correspondent à cette époque à propos de la question de la Pâque '. Pourtant, c'est en 197 qu'est écrite ï Apologétique et il est impossible d'y voir autre chose qu'une protestation contre des /maux présents. Il en ressort nettement qu'il y a eu en Afrique des fltroubles populaires excités contre les chrétiens, évidemment par Iles mauvais bruits dont TertuUien prétend laver ses frères en ^Christ, et qui ont abouti à des accusations directes \ L'autorité •locale est intervenue; ce n'est pas douteux, la dédicace seule de y Apologétique le prouverait. Mais l'autorité centrale a-t-elle aussi dit son mot ? Je ne le pense pas, car il me semble hors de doute que TertuUien se serait adressé à l'Empereur si la persécution lui avait été imputable. Au reste, il est tout à fait impossible de deviner quelle extension a prise cette persécution, il est seulement vraisemblable qu'elle n'a point atteint un grand nombre de chrétiens, qu'elle a été spontanée, locale et assez courte. Tout ce que nous savons sur les églises de Rome, de Gaule et d'Asie, pour le règne entier de Sévère, ne saurait nous donner l'impression d'une véritable persécution. A Rome, Zéphirin et, après lui, Callixte, qui avait pourtant déjà eu ses démêlés graves avec la justice, ne sont pas inquiétés et c'est, à mon sens, une raison tout à fait suffisante de croire qu'il n'y a pas eu, de leur temps, de poursuites d'ensemble contre les chrétiens. Cette tranquillité des évêques de la Ville, n'exclut d'ailleurs pas les tumultes populaires et la protection dont TertuUien fait honneur à Sévère s'étendit vraisemblablement sur des chrétiens de Rome ; mais il est impossible de saisir, même 'après 200-202, aucune mesure officielle contre les fidèles romains; pas un texte ne permet même de la supposer. Quand bien même on attribuerait au règne de Sévère l'obscure affaire de Sainte Félicité et de ses sept fils, on n'aurait localisé qu'un fait isolé.
Rien non plus n'autorise à croire à une persécution en Gaule. Aube a démontré * que le prétendu massacre des chrétiens de Lyon et le martyr d'Irénée sont des inventions postérieures, sorties probablement du souvenir confus de quelque carnage commis par les soldats de Sévère après la défaite d'Albinus. Saint Irénée put parfaitement y périr ; mais une tuerie de représailles dans une guerre civile ne saurait passer pour une persécution et Gré-