‹ TertullienChapitre 111 sur 561 · Eus., H. E. VI · texte numérisé non relu

Eus., H. E. VI

LES EMPEREURS I IQ

homme, qu'il a converti et préparé au martyre, se fâchent et essaient de l'écharper; cependant l'autorité romaine le laisse tranquille. Il est trop clair que si la persécution d'Alexandrie avait été une conséquence de l'édit de 200, Origène aurait été le premier arrêté. La raison que M. Aube donne ', d'ailleurs sous toutes réserves, à savoir « que son illustration naissante, son caractère de maître de grammaire et le fait de son père Léonide frappé dès le début de la persécution, le mirent à l'abri de toute condamnation sous le règne de Sévère », cette raison, dis-je, ne s'appuie sur rien et n'a même aucune vraisemblance. Il pouvait arriver qu'on reportât sur le fils la faute du père, mais que l'exécution du père innocentât le fils d'un délit patent, voilà qui n'est guère intelligible. Qu'il y ait eu une persécution à Alexandrie sous le règne de Sévère, c'est extrêmement probable, mais nous ignorons et sa cause, et ses caractères, et'son étendue. Tout ce que nous pouvons dire, c'est que l'édit rapporté par Spartien n'y fut pour rien, qu'elle ne s'étendit pas à tous les chrétiens et qu'elle fut sans doute, comme beaucoup d'autres, assez capricieuse dans le choix de ses victimes, il Reste donc l'Église d'Afrique. Aux environs de 197, nous le savons par TertuUien, elle subit une première crise; ÏApologé- \tique nous en montre la cause : il s'agit de mouvements populaires, excités par les mauvais bruits qui courent contre les fidèles et qui forcent l'autorité à intervenir \ Il est évident qu'il n'est question, en l'occurrence, d'aucun édit nouveau, que le gouvernement central n'est pour rien dans l'affaire et que les martyrs sont condamnés pour des raisons qui ressemblent singulièrement à des griefs de droit commun : crime de lèse majesté, de société secrète, de magie, etc. On les torture pour leur faire dire qu'ils n'ont pas commis tous ces crimes : c'est la seule anomalie qui demeure et qui prouve que ce ne sont pas là franchement des procès ordinaires. L'autorité romaine ne poursuit pas tout de suite et d'office, elle se contente de juger les chrétiens qui lui sont dénoncés. Il n'est pas nécessaire de supposer que les édits de Trajan — ou de Marc- Aurèle — aient toujours vigueur, puisque la procédure que nous entrevoyons à travers l'Apologétique était l'ordinaire de la justice romaine. Les exécutions furent-elles nombreuses? Nous l'ignorons, car nous ne pouvons nommément attribuer à cette première épreuve de l'Église d'Afrique que l'archimartyr Namphamo ■' et les martyrs Scillitains ^ ; encore n'est-il pas certain qu'ils ne se placent

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