Adv. Marc, V, g
7. ApoL, 5o... Cum damnamur a vobis, a Deo absolvimur. Ce sont les derniers mots de l'ouvrage.
l38 CHAPITRE IV
l'abstention totale, qui avait le double mérite d'être évangélique et d'être absolue, son bon sens ne pouvait lui dissimuler les difficultés, les impossibilités de la pratique ainsi conçue. Sans doute, il dit bien quelque part ' que le chrétien ne plaide pas, qu'il ne sollicite pas les juges, qu'il ne trouble pas la justice ; mais cela ne veut pas dire qu'il n'en use pas et n'en doive pas user dans ses besoins privés; ce texte n'a visiblement pas d'autre sens que celui-ci : la chicane n'est pas le fait du chrétien; il n'est ni avocat, ni juge. Dans un de ses derniers ouvrages, c'est à peine s'il laisse vaguement entrevoir que son désir idéal serait de voir les différends entre chrétiens se régler au sein de l'Eglise, conformément au vœu de l'apôtre ^ Rien n'autorise donc à conclure qu'il ait, sinon rêvé, — il l'a rêvé — au moins voulu et implicitement conseillé, une séparation plus complète. Elle n'était pas dans les habitudes, probablement pas même dans l'esprit de la masse chrétienne et, en supposant qu'elle fût possible, elle n'eût pas été prudente, car elle eût affirmé trop clairement une scission qu'on reprochait aux fidèles ^
III. — Il est curieux et instructif de suivre, à travers les écrits chrétiens, les expressions diverses que les fidèles donnèrent à leurs sentiments à l'égard des organes généraux de l'Empire ; c'est un des côtés les plus suggestifs de ce qu'on pourrait appeler le problème de l'adaptation du christianisme à l'Empire.
Nous savons qu'un jour vint où l'Etat fut chrétien, où ne pas lui obéir attira l'attention des conciles et fut frappé d'anathème. Nous voilà loin de Tertullien et de Commodien et il semble, au premier abord, étrange que les chrétiens, persécutés cruellement au iii« siècle et au début du ive, aient été, à la fin de ce même siècle, animés à l'égard de l'Empire de sentiments plus conciliants que deux cents