‹ TertullienChapitre 135 sur 561 · Const. Apost,, II · texte numérisé non relu

Const. Apost,, II

LES ORGANES GÉNÉRAUX DE l'eMPIRE 143

ment Tévcque '. Nous pénétrons sans peine le sens de ces recommandations : elles représentent un effort fait par l'Église pour garder autant que possible ce suprême pouvoir de gouvernement : la justice. Mais quand le tribunal ne fut plus composé de gentils, force lui fut bien de céder et, tout ce qu'elle put faire, fut de garder par devers elle la connaissance des causes qui la touchaient seule. En vain fait-elle une claire allusion à l'infériorité de la justice humaine, qui n'est pas à la hauteur de la science inspirée de Dieu \ il faut entrer dans la voie des concessions. Lactance met l'obligation de ne pas intenter de procès criminel sur le même rang que celle de ne pas porter les armes et il ne peut guère se faire d'illusion sur la solidité de cette seconde interdiction ^ Avec Saint Ambroise, les derniers pas sont faits : sans doute, il est moralement avantageux de ne pas avoir de procès, — personne ne saurait le contester — mais le saint évêque n'émet plus de doute sur l'utilité et la validité de la justice humaine *. L'Eglise admet dès lors, même la nécessité de la peine de mort, si peu chrétienne qu'elle soit dans son fondement ^; sans doute, elle ne l'applique pas elle-même, mais elle sait la réclamer pour les crimes qui la lèsent, par exemple pour le sacrilège ". Il sufïit à sa tâche d'imposer à la justice séculière une certaine moralité : les conciles y travaillent, en portant des peines sévères contre les délateurs et les faux témoins \

Les magistrats, ce sont maintenant des chrétiens et l'Église, pourvu qu'ils demeurent ses fils soumis, ne leur refusera jamais ses grâces \ Elle était de cœur aristocratique ; elle fut en effet toujours plus ou moins entichée de respectabilité et de fréquentations distinguées ^ Il lui arriva certes de donner de grandes preuves de

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