‹ TertullienChapitre 153 sur 561 · August., Enarr. in Psalm., CXVIII · texte numérisé non relu

August., Enarr. in Psalm., CXVIII

7. Lact.,/?îs^ div., IV, 27, 3 et s.; V, 21, 3. Sur le rôle du démon dans la persécution, voir la Lettre des Égl. de Vienne et Lyon, dans Eus., H. E., V, i, 3 et s. ; et H. E., VIII, 4, 1-4; X, 4, 14, sur son rôle, en particulier, dans la grande persécution de Dioclétien. Les Actes des Martyrs nous présentent

LA PERSÉCUTION. — LES TROUBLES ET LES RÉVOLTES l6l

Saint Hilaire affirme encore que la persécution est utile, parce que la paix d'une foi sans tribulations est pleine de périls et qu'il est facile de surprendre l'homme qui ne se tient pas sur ses gardes '. En somme, quant à l'origine et au sens de la persécution, nous voyons que les rigoureuses opinions de Tertullien n'ont point trouvé de nombreux partisans dans l'Eglise; qu'entre sa logique surhumaine et la manière commune de sentir, l'hésitation n'a pas été longue, dût la logique elle-même recevoir quelque entorse. Cette idée plus basse a fini par s'enraciner que la persécution est un mal en soi ; elle prépare des châtiments mérités à ceux qui l'ordonnent et la mènent ^ alors même que ceux qui la subissent l'auraient atti-

même cette action du démon sous une forme un peu naïve : il arrive que le magistrat qui juge le chrétien nous soit donné comme le simple truchement du démon, qui parle par sa bouche ; alors, les réponses des martyrs étant douloureuses au diable, le juge en souffre comme lui et il exprime son angoisse par des gémissements et des cris. Voy. partie, les Acta SS. Satin nini, Dativi, etc., V; VI; IX ; X ; XIV ; XV (Ruinart). A un moment donné, Dativus, après de longues tortures, s'écrie : Christianus sum. Qua voce Diabolus superatus : Parce, inquit (§ X). Ailleurs, les magistrats sont appelés ministres du diable : Passio SS. Firmi et Rustici, II (Ruinart) ; Passio S. Theodoti, VII (Ruinart); — ou prêtres du diable : Passio SS. Jacobi, Alariani, etc., V (Ruinart); — mieux encore fils du diable : Acta SS. Tarachi, Probi, etc., VIII (Ruinart) : iraxf.p ffo-j ô Saxavà;. Passio S. Pétri Balsami, I (Ruinart) : Petrus respondit : superflua mihi persuades. Fac iam quod facturus es, et adimple opéra patris tui diaboli. Même idée dans Acta SS. Fausti, Januarii, etc., 1 (Ruinart). Ces divers Acta se rapportent à la dernière grande crise du iv^ siècle et les incidents qu'ils relatent sont, d'après eux, localisés dans des provinces différentes : je crois donc qu'on peut conclure qu'ils expriment une manière de penser assez commune chez les chrétiens de la veille du triomphe. Il est également vraisemblable que les expressions violentes des martyrs enferment une conviction véritable et qu'en insultant le juge, ils croient insulter le démon qui le pousse; voy. August., Enarr. in Psalm., XXXIX, i6 et les citations rapprochées par Le Blant, Actes des Mart., ch. V, pp. 33-34 et n.

1. Hilarius, Tract, in Psalm., CXVIII, 8 (P. L. de Migne, IX, col. Syô.)

2. Les textes chrétiens sont pleins de cette idée : la vengeance divine est sur la tète des persécuteurs; elle est déjà dans V Evangile: IMarc, III, 28 et s. ; Math., XII, 3i et s.; Luc, XII, 10; ces trois textes disent en substance qu'il n'y a pas de pardon pour qui blasphème l'Esprit : tô TîveiJixa t6 àyiov. Lacta.nce, Inst. div., II, 17, 4, s'efforce de prouver que la colère de Dieu n'est pas incompatible avec sa nature divine et son inhnie patience. Les textes sont très nombreux, qui se réfèrent à ces questions ; voy. particul., en dehors de ceux de Tertullien, cités plus haut, notam. Ad Scap., 5 : Cyprien, Ad Demetrian., 16-17, '^l't^s énergique; De lapsis, 18; Orig., C. Celse, VIII, 38 et 39; Pseudo Lact., De morte persec, en entier, notam. 5, sur la captivité de Valérien et 33, sur la fin lamentable de Galère, le grand ennemi ; Lact., Instit. div., V, 23, i et s. ; Eus., H. E., II, 7, qui relate que Pilate, le premier persécuteur, tombe dans d'horribles malheurs et, pour s'en délivrer, se tue de sa main ; H. E., II, 10: Hérode Agrippa, qui a fait périr Jacques, frère de Jean et emprisonner Pierre, meurt dévoré par les vers; H. E., VIII, Appendice, sur la triste fin des grands persécuteurs : Dioclétien, Galère et Maximien; H. E., VIII, 16, i et s., IX, 1 1 , I et s., sur les malheurs qui frappent Maximin et tous les siens ; H. E., IX, 9, I et s. sur la mort de Maxence. Le plus humble des persécuteurs n'échappe pas au châtiment : les gardes de Maxence se noient avec lui et un

rée par leurs péchés ; elle ne vient pas de Dieu, mais du Diable et, si Dieu la tolère, c'est pour raffermir, avertir ou châtier ses enfants; ils n'ont qu'à lui obéir, à prier, à s'humilier et elle s'apaisera '. En théorie, d'ailleurs, les chrétiens n'ont jamais cessé d'affirmer que la persécution ne faisait pas de mal à l'Église et, qu'elle lui amenait, au contraire, de nouveaux fidèles '. Il est probable qu'ils cherchaient, ce disant, à se donner un encouragement et une consolation, plus qu'ils ne proclamaient une vérité certaine, car il semble bien que le gain que pouvait procurer à la foi la contagion de l'exemple fût loin de compenser les pertes qu'entraînait l'apostasie '. On peut admettre que beaucoup de faillis rentraient dans le giron de l'Église \ mais il es't également vraisemblable que

simple officier, qui a produit de faux témoins dans une affaire chrétienne, est réduit à se suicider : H. E., IX, 6, i ; Eus., De martyr. Palest., VII, 7 et 8 ; XI, 3i; Philastrius, Liber de Iiaeresibiis, CX {P. L. de Migne, XII, i232-i233); PassioSS. Felicitatis,etc., m (Ruinart); Passio SS. Maiiritii, etc., YU (Ruinart) sur la mort de Maximien; Acta SS. Claiidii, Asterii, etc., I (Ruinart); Claudius dixit : Et si graviora tormenta adhibeas, in nullo me laedis, animae vero tuae provides aeterna tormenta; idées anal, au § II; Passio SS. Jacobi, Mariani, etc., XII (Ruinart), prédit la vengeance, suivant la formule du théâtre classique, dans une sorte de délire qui saisit le martyr au moment de mourir ; Acta SS. Liiciani et Marciani, VI (Ruinart) : le diable et ses ministres seront plongés : in tenebras exteriores et ignem inexiinguibilem ; Passio SS. Bonosi et Maximiliani, V (Ruinart) ; Passio S. Theodoti, V (Ruinart), nous montre la vengeance au milieu de son cours : le comte Julien, persécuteur, part en guerre contre les Perses, mais il rencontre une armée céleste d'anges (irruit multitude exercitus Angelorum) et il est percé de flèches pendant qu'une vision lui montre le Christ qu'il ne cesse d'insulter. L'idée de la responsabilité des persécuteurs idolâtres est même poussée plus loin dans une autre pièce hagiographique : S. Pontius {Vita et passio, S. Pontii, XVIII, ap. Baluze, Miscell., I, p. 32, en 320, à Rome), dit en substance au Praeses : Vos princes seront responsables devant Dieu, non seulement du culte qu'ils rendent à des morceaux de bois ou à des pierres, mais encore de celui qu'ils leur font rendre, à leur suite, par le peuple de leurs sujets ; l'opprobre les attend en ce monde et la damnation éternelle dans l'autre.

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