‹ TertullienChapitre 158 sur 561 · Math., XII · texte numérisé non relu

Math., XII

usurpateurs, dont il comparait les agissements à ceux du diable : ils essaient de prendre la place du prince, comme l'Autre celle de Dieu ; l'envie éloigne de Dieu et il n'est pas d'ambition sans elle '. TertuUien pense donc comme Saint Irénée : il désapprouve hautement tous les désordres et en parle avec un dédain qui est peut-être accentué pour les besoins de la cause ^ mais qui, sans aucun doute, n'est pas complètement joué. Jamais, répète-t-il à plusieurs reprises, jamais on n'a vu des chrétiens parmi les révoltés et les intrigants. Puisque les païens se plaisent à opposer les deux termes chrétien et romain, ce n'étaient que des Romains tous les rebelles fameux, les Cassius, les Niger, les Albinus ^; et les meurtriers de Caligula, de Domitien ou de Commode n'étaient pas des chrétiens *. Et quelle différence entre les fidèles et les flatteurs qui importunent l'Empereur de leurs vœux hypocrites, en accusant les chrétiens de ne pas professer pour lui tout le respect qu'il faudrait : ceux là font du zèle; ils illuminent et pavoisent, puis, en cachette, ils vont consulter les astrologues et ont recours aux arts maudits pour savoir ce que l'avenir réserve à César K Dans tout ce développement, TertuUien affirme avec beaucoup de fermeté que les chrétiens se rangent du côté de l'autorité officielle ; c'est l'attitude qu'il doit prendre dans l'intérêt de la cause qu'il défend, car il n'ignore pas que le perpétuel souci de l'Empereur s'attache à la bande occulte qui attend, désire, ou prépare un règne nouveau. Si l'apologiste arrivait à persuader au prince que les chrétiens s'écartent de ces menées, précisément parce qu'ils

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